Un peu compliqué à expliquer, vous en conviendrez, cette chère Trinité. C’est de l’ordre du mystère comme ceux de l’incarnation et de la rédemption que nous dictait jadis le petit catéchisme de 700 numéros que nous avions autrefois à apprendre par cœur. On fête avec joie un événement, une personne mais là on a l’impression de célébrer un concept. Depuis la tendre enfance, nous nous signons en disant : « Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit ». Bien voilà, c’est tout cela le mystère de la Trinité. Ils sont trois et ne font qu’un! C’est comme une règle trois non! Voyons, c’est un peu plus subtil que cela!
Mon étudiant interrogateur me rétorqua après quelques instants de réflexion: « C’est comme un film en trois dimensions ». Pas si bête ce jeune homme! Je me rappelle encore l’explication toute limpide de ce grand mystère que m’avait donnée, il y a déjà longtemps, mon enseignante de cinquième année du primaire: « La Trinité, c’est tout simplement comme l’eau, la glace et la neige. Ce sera toujours de l’eau sous des apparences et des bienfaits différents. L’eau, c’est la vie mon Jean-Guy!» Encore là, ce n’est pas tout à fait complet, mais l’explication était saisissante pour l’enfant de onze ans que j’étais alors. Après plus de quarante-cinq, je m’en souviens encore!
Le grand philosophe existentialiste Gabriel Marcel disait qu’un mystère est quelque chose dans lequel nous nous trouvons engagés. Tout le contraire de la réalité d’un problème que l’on rencontre, qui bouscule notre quiétude. Le problème est là devant nous et nous devons y faire face. C’est du vérifiable! Le mystère se situe davantage au niveau de l’être, il est voilé par nature et qui plus est, nous en faisons partie. Il y a bien des aspects de nous, de nos vies enchevêtrées qui sont aussi mystères et qui nous plongent dans des introspections sans fin. Mais on peut se demander pourquoi cette fête du Dieu trinitaire? Certes, ce n’est sûrement pas pour résoudre un problème de mathématiques. La Trinité, c’est au fond une manière symbolique d’exprimer que Dieu est une famille et qu’il veut partager son amour avec la grande famille humaine. Le Dieu des chrétiens n’est pas une solitude infinie accrochée à un bout de nuage entouré d’anges aux immenses ailes et aux regards béats.
Au fil des âges, les humains se sont fabriqué des dieux, souvent assez distants, lointains même. On préférait avoir les dieux à distance et on les voyait comme des dépanneurs. Le christianisme nous fait découvrir et rencontrer un Dieu tout autre, un Dieu proche, tellement proche qu’il emprunte nos humbles pas. Jésus de Nazareth est venu nous le présenter il y a plus de deux mille ans. Selon les racines et les dogmes du christianisme, il y a trois personnes en Dieu : Père, Fils et Esprit-Saint. Ce qui veut dire que le Dieu des chrétiens est celui des relations et qu’il n’est pas replié sur lui-même, immortalisé à jamais dans une statue issue de l’imaginaire. En fait, le Dieu du christianisme se propose aux humains sous les angles de la communion, de la joie partagée et de la fête!
En parlant de fête, c’était en fin de semaine dernière la Fête des voisins dans les villes et villages du Québec. Initiative lancée en 2006 et qui origine de nos cousins outre-atlantique, les Français. Ce sympathique événement a pris naissance dans l’Hexagone en 1999 et visait à encourager les gens à se retrouver entre voisins lors d’une journée à la fin du mois de mai de chaque année. C’est Athanase Périfan, élu municipal d’un arrondissement parisien, qui en est le génial fondateur. Dans tous les pays où cette fête s’implante, elle connaît un vif succès. Au Québec, sous l’impulsion du Réseau québécois de Villes et Villages en santé, près d’une centaine de municipalités ont emboîté le pas avec de multiples activités et un impact des plus significatifs les 6 et 7 juin.
Selon les promoteurs québécois de cet événement : la Fête des voisins, c’est une occasion de permettre aux gens qui se côtoient au quotidien, mais sans nécessairement se parler, de briser la glace, de faire connaissance, de développer des liens et éventuellement un esprit d’entraide. Dire qu’il y a des mystères qui sont comme une fête, ils se laissent découvrir pleinement en célébrant avec d’autres. En fait, la fête est peut-être une clé qui jette un peu de lumière sur nos vies quelque peu ombrageuses et mystérieuses.
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