À chaque saison qui se déroule devant nous, les conseils d’une saine alimentation refont surface. Les saveurs automnales du terroir aiguisent nos papilles et nous font saliver. Une saine alimentation est un gage de longévité et de qualité de vie. Nous devenons au jour le jour ce que nous mangeons. L’Institut national de la santé publique du Québec (INSPQ) dévoilait jeudi dernier un rapport sous le titre : « La Consommation alimentaire et les apports nutritionnels des adultes québécois » Que nous révèle cette étude qui s’étale de 1994 à 2004? Une bonne nouvelle, les Québécois mangent mieux!
Nous ne pouvons que nous réjouir d’une telle conclusion. En effet, au cours des 15 dernières années, la consommation de fruits et légumes a progressé considérablement dans l’ensemble des familles québécoises. Une autre tendance des plus positives, la cuisson de la viande est en baisse, principalement celle de la viande rouge. Les gens mangent 35% moins de boeuf, 20% moins de porc, 14% moins d’oeufs, mais 28% plus de volailles. Avouons-le, c’est une tendance majeure et bénéfique. Les consommateurs québécois se tournent davantage vers les laits à faible teneur en gras. D’après le rapport, les Québécois sont sur la bonne voie, mais il y a encore du chemin à parcourir. Changer des habitudes et des comportements, surtout alimentaires, demande quelques décennies. Il y a tellement de traditions, de coutumes ancrées dans nos gènes qu’il n’est pas facile de faire des choix éclairés. Quand la ceinture ne boucle plus et que le souffle devient court, il est temps de prendre les grands moyens, coutumes ou pas.
Dans les données de cette vaste enquête, il y a toutefois quelques bémols à signaler puisque les Québécois consomment encore trop de sodium : neuf Québécois sur dix ont une quantité en sodium trop élevée. Nous connaissons tous les effets pervers du sodium sur les maladies cardio-vasculaires et de la tension artérielle. Dans son rapport, l’Institut note que 25% de l’apport calorique des consommateurs provient principalement des aliments de la catégorie dite « à calories vides » : croustilles, sauces, vinaigrettes, confiseries et sucreries. Tout n’est pas parfait!
Les consommateurs, de plus en avisés, font face à une industrie alimentaire puissante, redoutable et loin des préoccupations des standards de saine alimentation. Dans ce siècle de la vitesse et des horaires surchargés, nous avons plus souvent qu’autrement recours à des aliments transformés. Solution de facilité, trompe-faim, où les aliments se retrouvant dans cette catégorie sont souvent trop sucrés, trop salés, trop gras. Trop, c’est trop, mes amis! C’est à cette industrie, possédant un arsenal publicitaire sans précédent, qu’il faut s’attaquer. Elle nous possède par le ventre cette puissante industrie et nous conditionne à grands renforts publicitaires. Il est vrai que, vivant dans un pays nordique, nous ne disposons pas de tous les aliments frais sous la main. Ce qu’il faut dénoncer, mettre au grand jour, ce sont les doses inacceptables d’assaisonnement qui rongent subtilement la qualité de notre santé.
Le récent rapport de l’Institut note aussi que les Québécois boudent un peu trop les produits céréaliers et que malheureusement le pain blanc règne en maître sur les tables. Le pain blanc représente encore et avec étonnement les deux tiers du pain consommé. Nous le savons tous que les apports nutritifs de ce dernier sont presque nuls. Bien manger est plus que nécessaire pour la santé globale de la personne. Le Ministre de la santé, Yves Bolduc, avait promis de faire le grand ménage dans les cafétérias des hôpitaux et dans les aliments composant les menus servis aux patients. Où en sommes-nous depuis cette annonce?
Il n’y a pas de vie saine sans une alimentation équilibrée. Ce n’est pas une question de privation, de sacrifice. L’on reconnaît généralement sept règles simples et importantes dans le domaine de l’alimentation pour vivre en santé : consommer une variété d’aliments sains; choisir des aliments à faible teneur en cholestérol et en matières grasses; diminuer la consommation de sel; maintenir son poids-santé; suivre un programme régulier d’exercices; diminuer la consommation de sucre; augmenter la consommation d’aliments riches en féculents et en fibres. Voilà ce n’est pas si compliqué. Nous l’oublions trop souvent, nous ne vivons pas uniquement pour manger, mais nous mangeons pour mieux vivre.
Une saine alimentation est l’une des choses que nous devons prioriser pour améliorer notre santé en général. Ce que le rapport de l’Institut national de la santé publique du Québec nous apprend, s’avère positif dans son ensemble, mais il y a encore de mauvaises habitudes qui nous collent à la peau ou plutôt à la bouche. Depuis toujours, l’alimentation humaine comporte deux pôles qui tendent à s’éloigner progressivement l’un de l’autre. D’une part, le premier est caractérisé par l’intégrité et la fraîcheur des aliments, le second par leur artificialité et leur pérennité. Entre ces deux pôles, il y a tout le monde de la transformation qui apporte des goûts nouveaux, des textures différentes, des saveurs artificielles.
Ne l’oublions pas, des repas nutritifs et équilibrés peuvent réduire de façon significative les risques de maladies du coeur et d’accidents vasculaires. Mais avant tout, un régime d’alimentation saine améliore l’apparence et aide à se sentir mieux dans sa peau, à l’intérieur comme à l’extérieur. N’est-ce pas Hippocrate qui disait : « Que ton aliment soit ta seule médecine ». Gardons le nez dans notre assiette!