Dans ses Perspectives économiques mondiales, publiées mercredi dernier, le Fonds monétaire international (FMI) confirmait que la récession était belle et bien terminée et cela à l’échelle planétaire. Au Canada, c’est aussi plus lumineux en ce printemps régénérateur. Il y a des chiffres qui ne mentent pas et qui donnent espoir malgré l’incertitude persistante qui plane un peu partout. Même la bourse, qui a été malmenée par des vagues successives assez grosses merci, connaît une remontée assez étonnante. Les produits dérivés sont repartis en forte hausse et la bourse de Montréal a connu un rebond du volume d’activité de 25%. Les spécialistes s’attendent à un record de plus de 90 000 contrats par jour, dépassant même le fameux record de 2007. Ce n’est pas rien!
Même l’économie américaine, à la source de cette récession éprouvante, donne déjà des signes encourageants de reprise. Les ventes de logements neufs chez nos voisins du Sud ont fait un bond de 26,9%, du jamais vu depuis 1963. De plus, les commandes de biens durables ont grimpé de 2,8%. La hausse de ces deux indicateurs a même déjoué les prévisions les plus optimistes et redonnent courage aux millions de chômeurs américains. Il est clair que dans ce pays des rêves impossibles, rien n’est gagné car le taux chômage national avoisine toujours les 10%, la difficulté d’obtenir du crédit pour les particuliers et les entreprises demeure élevée, l’endettement des particuliers est endémique et les marchés immobiliers peinent à reprendre de l’aile. Une remontée ardue!
Le Fonds monétaire international (FMI) demeure très prudent dans ses perspectives de la semaine dernière. Il met en garde les gouvernements contre l’endettement collectif et les déficits publics. Pour sa part, le Québec en sait quelque chose puisqu’il est l’une des cinq nations industrialisées les plus endettées au monde. Selon le FMI, tous les déficits engendrés par les mesures d’urgence des États pour se sortir de la crise, doivent être résorbés au plus tôt sinon les économies replongeront dans un marasme économique à la grecque. Le premier indicateur de reprise demeure sans contredit celui du vital secteur du commerce de détail. Selon les analystes, ce secteur de l’économie canadienne a effacé présentement toutes les pertes de la récession. Par les temps qui courent, c’est un excellent baromètre du niveau de confiance des consommateurs en l’économie canadienne.
Chose étonnante, ce n’est pas le marché de l’alimentation qui traditionnellement donne le pas aux relents économiques, mais cette fois-ci, c’est l’acquisition de voitures neuves qui trône le haut du palmarès avec 17,1%. Il y a de quoi faire sourire les General Motors, Ford et Toyota de ce monde! Même dans les provinces canadiennes les plus touchées par la récession, la confiance des ménages revient progressivement. Le taux d’inflation a même diminué au cours de mars pour se retrouver à 1,4%. Il y a de quoi respirer un peu.
Tout n’est pas parfait, loin de là. Nous marchons encore sur des œufs et n’ayez crainte ils ne sont pas d’or. Selon les experts du FMI, la reprise semble plus rapide aux États-Unis qu’en Europe ou au Japon principalement grâce à l’intervention sans précédent du gouvernement de Barack Obama qui, comme on le sait, fait encore couler beaucoup d’encre. Sur le plan mondial, la croissance prévue en 2010 est revue à la hausse à 4,2% contre 3,9%. Ce sont les pays émergents qui connaîtront la plus forte croissance, de l’ordre de 10%. Trois pays sur la planète attirent présentement tous les regards et les investisseurs : la Chine, le Brésil et l’Inde. À eux seuls, ils comptent plus du quart de la population mondiale.
Si les États désirent maintenir cette reprise encore très fragile, ils n’auront pas le choix d’apporter les mesures d’une aide continue. Le marché de l’emploi a connu une dégringolade sans précédent et causé des ravages très sérieux dans les ménages nord-américains. Ce marché dégradé au cours de la récession nécessite une attention soutenue de la part des gouvernements. Le récent budget québécois, éclipsé ces derniers temps par les soubresauts de l’affaire Bellemarre, continue de faire des remous dans la population. En quoi ce récent budget Bachand va-t-il redonner confiance aux citoyens et citoyennes et relancer l’économie du Québec? Les réponses ne se trouvent-elles pas dans les nombreuses manifestations tenues à travers la province?
Pour plusieurs d’entre nous, tout ce charabia chiffré et ces théories économiques demeurent complexes et souvent inintelligibles. Mêmes les experts en sciences économiques ne s’entendent pas et se confondent en de nébuleux discours bien éloignés des préoccupations de l’humble épargnant. Pourtant, l’avenir de notre coin pays nous intéresse vivement, celui de la planète tout autant. Le poète belge Achille Chavé ne disait-il pas : « L’économie mondiale demeure une notion abstraite aussi longtemps que l’on ne possède pas un compte en banque. »