Depuis 1975, nous avons connu le G6, le G7, le G8 et depuis 1999 le G20. G pour grand certes. G pour grandiose évidemment. G aussi pour gigantesque, mais G surtout pour groupe. Il ne faut toutefois pas brouiller les cartes, car le G8 et le G20 sont deux instances différentes avec leurs perspectives propres. Le G8 ou Groupe des huit est d’abord et avant tout un groupe de discussion et de partenariat sur les plans économiques. Ce fut une initiative de l’ex-président français Valéry Giscard D’Estaing. Ce fameux groupe regroupait d’abord les six pays suivants : États-unis, Japon, Allemagne, France, Royaume-Uni et Italie. Le Canada (1976) et la Russie (1998 ont joint le prestigieux groupe par la suite. Le G8 regroupe donc les pays parmi les plus puissantes économies mondiales de la planète; ils totalisent à eux seuls 61% de l’économie mondiale.
En fait, le G8 n'a pas de structure particulière, il ne répond pas à un protocole ou à une organisation : il s'agit d'une réunion de dirigeants, dans une « ambiance décontractée... pour discuter des affaires du monde ». Plusieurs organismes et observateurs de la scène internationale remettent d’ailleurs en question la légitimité de ces dirigeants qui se sont autoproclamés gérants de la planète. N’empêche que, malgré les nombreux détracteurs et opposants à ce groupe, plusieurs heureuses initiatives ont pu naître de ces rencontres de réflexion sur les affaires mondiales. Le dialogue n’a jamais nuit à l’évolution pacifique du monde, au contraire ! Ne faut-il pas quelques forums de ce genre pour éviter la naissance de conflits interminables et de guerres meurtrières ?
Pour sa part, le G 20 est une initiative canadienne dont le mérite revient à l’ex-premier ministre Paul Martin. Créé en marge du G7 de 1999, ce nouveau regroupement visait alors à favoriser la stabilité financière internationale et à créer des possibilités de dialogue entre pays industrialisés et pays émergents, ce que les réunions des ministres des finances du G7 ne permettaient pas. Le G20 compte 19 pays et l’Union européenne. On y retrouve les grandes puissances du G8, mais aussi les économies émergentes. Depuis la fameuse crise économique qui a bousculé nos vies et bousillé nos épargnes, le G20 s’est réuni à cinq reprises pour colmater la large fissure produite dans la structure de nos systèmes financiers, somme toute solidaires. Équilibre est sans aucun doute le mot le plus recherché au cours de ces derniers mois. Loin d’être facile à trouver dans un monde de menées politiques, d’ambitions gargantuesques et de suprématie économique.
La montée des pays asiatiques a bousculé, au cours de la dernière décennie, quelque peu la donne sur l’échiquier mondial. L’avenir passera inévitablement par l’Asie ou ne passera pas. La Chine vient de déclasser haut la main sur le plan économique le réputé Japon qui semble aux prises avec des difficultés économiques sans précédents. De plus, sans tambour ni trompette, l’Inde s’impose d’elle-même sur les marchés mondiaux ; économie émergente qui carbure à un rythme affolant, pour le moins inquiétant pour les économies traditionnelles occidentales. Tous les observateurs le signalent d’emblée, la puissance de l’Inde dépassera largement celle de la Chine dans la prochaine décennie. Sa population croit à vive allure à raison de 19 millions d’habitants par année. L’Inde deviendra d’ici 2035, le pays le plus peuplé de la planète.
Le récent sommet de Séoul faisait face à l’éternelle guerre des devises et aux déséquilibres mondiaux entre les grandes économies. Depuis des années, l’attention porte sur cet écart grandissant entre les économies qui épargnent et celles qui dépensent. Quatre ans et demi après le terrible tsunami financier qui a balayé la planète et a causé l’effondrement de tous les systèmes financiers ou presque, les solutions aux déséquilibres tardent à pointer. La présence d’un Barack Obama, quelque peu affaibli à la suite des dernières élections, ne semble pas avoir impressionné le parquet du G20. À la recherche d’une sortie du marasme économique de son propre pays, le président du rêve américain, adulé il y a à peine deux ans, aura tenté le tout pour le tout sans résultat probant. Ne vous inquiétez pas, les membres du G20 se retrouveront à Cannes en 2011. L’ère G est loin d’être terminée car, après tout, notre économie y est mêlée de près. Au fait, le temps de réflexion n’est-il pas une économie de temps ?