Problèmes financiers? Voilà que le gouverneur de la Banque du Canada, Mark Carney, exprimait son inquiétude cette semaine concernant l’endettement record des ménages canadiens. Si l’on se fie aux données que Statistiques Canada publiait lundi dernier, c’est du séreux mes amis. Pour un troisième trimestre consécutif, l’endettement ne fait que croître à vive allure; il s’établit maintenant à 148,1% en regard du revenu personnel disponible. Même Stephen Harper, pour la première fois, a exprimé son inquiétude sur cette situation extrêmement préoccupante. Fort heureusement, les Canadiens bénéficient actuellement d’un faible taux d’intérêt mais cela prendra fin assez rapidement selon certains économistes bien avisés. Acheter maintenant et payer plus tard a un prix souvent pas mal salé!
Si vous vous tourmentez à cause de vos dettes, dites-vous que vous n’êtes pas les seuls. Nous le savons tous, l’accès facile au crédit incite davantage les consommateurs à risquer beaucoup plus et à s’endetter plus que jamais. Ils sont d’ailleurs beaucoup plus nombreux à faire faillite. Les chiffres dévoilés par Statistiques Canada plus tôt cette semaine signifient que de nombreux ménages ne sont plus en mesure de régler leurs dépenses quotidiennes avec leurs revenus actuels et choisissent d’emprunter pour le faire. Depuis quelques années, tous les observateurs financiers signalent une baisse drastique de l’épargne au pays et une hausse fulgurante de la dette chez les Canadiens. Depuis 1990, selon l’Institut Vanier de la famille, l’endettement augmente 7 fois plus rapidement que les revenus. Saviez-vous que 45% des Canadiens ont dit avoir reporté d’un mois à l’autre le solde d’une carte de crédit au cours de la dernière année? Assez parlant merci!
Qu’en est-il du Québec? Pas plus reluisant! Le rapport entre les dettes et le revenu disponible des ménages québécois est passé de 50 %, au début des années 1980, à 80 %, au début des années 2000, puis à 120 % aujourd'hui. Il est normal d’emprunter pour acheter sa maison ou faire des réparations importantes sur sa propriété. Mais quand il faut emprunter pour acheter un cellulaire, des DVD ou des bidules quelconques, là il y a un problème. Nous vivons dans un monde où la consommation est devenue reine, un mode de vie quoi. Tout nous pousse à acheter en double ou en triple; du plus performant, du plus populaire, du plus chic, du plus je ne sais quoi. Nous sommes devenus des boulimiques de la consommation sans limite et sans fin.
Et pourtant, nous le savons pertinemment, nous ne sommes pas au fond de nous-mêmes que des consommateurs. Que faire pour freiner cette tendance? Sensibiliser, sensibiliser et encore sensibiliser les consommateurs à la modération et à l’épargne. Il faut vivre selon ses moyens malgré la pression sociale. C’est au niveau de la culture ambiante qu’il faut intervenir. On dirait que le message ne passe tout simplement pas malgré les avertissements répétés des économistes et les soubresauts de la récession à peine écartée. Nous vivons dans une culture de la facilité où l’effort devient rétrograde, dérangeant. Ne faut-il pas retrouver un équilibre sain? Éduquer dès le plus jeune âge à la responsabilité, à la valeur des choses, à la modération, à l’épargne, à la simplicité de vie. Il n’est pas facile de renverser la vapeur du « tout de suite et maintenant ». Force de constater que malgré les faibles taux d’intérêts, les Canadiens n’ont pas réussi à réduire le pourcentage de leur revenu consacré à la dette. Saviez-vous que 32% des Canadiens n’économisent pas du tout?
Il faut bien l’avouer, l’exemple des gouvernements n’inspire pas outre mesure; ceux-ci sont largement endettés et les perspectives économiques n’augurent rien de mirobolant dans un avenir rapproché. Et qui plus est, rien n’annonce un allègement du fardeau fiscal des contribuables. Pas très réjouissant me direz-vous à quelques jours de Noël où les cartes de crédit seront remplies à souhait. Mais un bon matin, il faudra tout de même faire face à la réalité et se retrousser les manches. La joie du temps des fêtes ne se mesure pas toujours à la grosseur du porte-monnaie. À chacun de nous de faire ses choix le plus lucidement possible en n’oubliant jamais que Noël est là pour tout le monde, sans exception! Qu’il invite plus souvent qu’autrement à l’essentiel, à l’être avant l’avoir. Bonne marche vers Noël!