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| Jean-Guy Roy - Voici Noël ! |
24 décembre 2010 - Dans quelques heures, des
milliers de cloches résonneront dans le ciel étoilé de ce Québec aux vastes
étendus et aux arpents de neige. Il ne fait aucun doute, il y aura un Noël tout
blanc cette année. Un autre Noël qui viendra chambouler quelque peu notre rythme
quotidien devenu en cette période de l’année assez essoufflant merci. Déjà, nous
anticipons tous ce temps d’énergisantes festivités, de chaleureuses
retrouvailles et de succulents repas évidemment bien arrosés. Oui, c’est le
temps des fêtes, espace unique, où notre vie rangée prend des allures
décontractées au grand plaisir de tous. Noël, c’est la fête de l’amour et de
l’inédit qui ouvre grandement notre cœur et largement nos mains à ceux qui
comptent le plus pour nous. Dieu se donne, l’Enfant de la crèche s’offre à nous
dans toute sa fragilité et sa beauté. Gloria in excelsis Deo! |
Et ce temps des fêtes ça se prépare évidemment, comme il se doit, sous le signe de la créativité et de l’ingéniosité. Que d’efforts déployés pour célébrer et faire plaisir à ceux qui nous sont proches! Depuis quelques semaines, les grands magasins ont redoublé d’ardeur pour attirer les clients qui se font toutefois tirer un peu l’oreille cette année; les rues et les maisons de nos cités sont magnifiquement illuminées arborant ainsi un décor féerique, les partys de bureau aussi attrayants les uns que les autres favorisent sans contredit des rencontres inoubliables. Sur les plans humain et spirituel, c’est le plus beau temps de l’année! Oui, un nouveau Noël entre dans l’histoire de nos vies et celle du monde. Que sera ce Noël 2010 pour chacun de nous?
Dans ce Québec des accommodements raisonnables, ébranlé ces derniers temps par de nombreuses révélations troublantes de malversation et de collusion de la part d’élus à divers niveaux de gouvernement, la population tentera sans aucun doute au cours de ces fêtes de donner un peu de couleur et de vivacité à ce climat de morosité qui nous affecte tous d’une manière ou d’une autre. Il nous faudra peut-être revisiter la crèche de nos Noëls d’antan pour y redécouvrir le sens profond de notre itinéraire collectif et de notre cheminement personnel sur cette terre d’Amérique. À chacun sa mission, sa destinée en ce coin de terre assoiffé d’hommes et de femmes d’honneur et d’inspiration. Pour faire face aux défis colossaux et pressants de ce siècle nouveau, nous aurons besoin plus que jamais de la voix d’un Jean le Baptiste, criant dans le désert de l’indifférence et l’individualisme ambiants, afin de secouer un peu notre torpeur, notre laisser-aller collectif et notre éthique assez poreuse par les temps qui courent.
Nous aurons sans doute aussi besoin d’un Joseph de la confiance qui ne dévie pas de l’appel reçu, de l’héritage et des traditions des devanciers ainsi que des valeurs fondamentales qui pourraient rallier davantage notre humanité dans ses égarements. Et que dire de cette humble femme fragile et dévouée nommée Marie qui risque sa vie sur la parole accueillie mystérieusement en son for intérieur. Elle a cru en la vie qui naît chaque jour, qui se donne généreusement pour que l’amour embrase le monde. Il y a bien ces bergers qui, malgré les difficultés inhérentes à leur condition, pourraient nous inspirer dans notre quête identitaire. Ils ont couru rapidement à la crèche en croyant que tout serait possible avec ce premier Noël. Témoins privilégiés, ils ont sans doute saisi qu’il y a une étoile scintillante quelque part pour chacun de nous. Oui, ces bergers bien ordinaires nous rappellent que la destinée de notre petit peuple passe par l’incontournable redécouverte de nos racines judéo-chrétiennes, par l’amour des siens et le rêve de leur devenir. Il ne faudrait surtout pas oublier les mages qui viendront d’horizons lointains et divers pour nous redire combien nous sommes privilégiés en ce coin de terre riche certes en ressources naturelles, mais aussi d’une population généreuse, accueillante et ouverte à l’étranger. Des trésors inexploités attendent toujours ce petit peuple francophone d’Amérique à la recherche incessante de son propre destin.
L’Enfant de la crèche emmailloté dans une mangeoire nous redira encore cette année combien la vie est fragile et qu’elle a un prix. Il nous rappellera aussi, de cette mangeoire, les origines modestes de nos devanciers qui ont fait naître ce Québec aux talents multiples, au cœur généreux et à l’esprit créatif. Donner la vie à un enfant, c’est faire naître l’espoir. Il reviendra à chacun de nous de nous laisser attendrir par cette petite voix qui nous révélera certes en ces jours de festivités nos propres fragilités, notre foi en la vie qui se donne, mais aussi notre capacité de rebondir devant les difficultés. C’est dans le don de soi que l’on trouvera la source de notre épanouissement. La vie n’appelle-t-elle pas à la vie et en abondance par dessus tout? Nous avons tous en nous l’espoir d’un monde meilleur où chacun se sentira fier de qu’il est et de ce qu’il est en train de devenir. Noël, ça se passe chez nous, dans chacune de nos vies et de nos familles, dans nos villes et villages en fête. Ensemble, faisons que l’esprit de Noël se vive à longueur d’année. Joyeux Noël!
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 | Citation | Ne commence pas la journée avec les blessures d'hier! |

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