Au fil des décennies, les grandes vagues migratoires ont diminué au profit d’une immigration choisie, favorable surtout au pays d’accueil. Ils sont des milliers à débarquer sur le sol québécois à tous les ans, principalement dans la région de la métropole. Avec quelques dollars et diplôme en poche, environ 50 000 immigrants trouvent annuellement refuge en cette terre francophone d’Amérique. Environ 86% de ce nombre d’établira dans l’agglomération de Montréal avec les défis de l’intégration que cela suppose.. En fait, un Montréalais sur cinq est né à mille lieues du centre-ville, dans un pays totalement différent, aux coutumes totalement inconnues. Il faut bien l’avouer, le Québec réussit à maintenir son développement et sa croissance grâce à l’arrivée continuelle et massive de nouveaux arrivants. Force est de constater que l’avenir du Québec passe incontestablement par l’accueil continu d’immigrants. D’ici quelques années, le faible taux de natalité provoquera un manque effarant de main-d’œuvre pour combler les milliers de postes laissés vacants par le vieillissement de la population.
Terre d’accueil, le Québec se transforme avec de nouvelles réalités culturelles. Il s’agit de prendre les transports en commun à Montréal pour réaliser que la population du Québec a bien changé depuis dix ans. Il n’y a pas que le Québec qui vit cela. Avec la mondialisation, des millions de personnes se déplacent tous les ans. Partir de son pays, migrer à des milliers de kilomètres de chez soi est un risque et une aventure pas toujours évidente. Les statistiques de 2009 démontrent que 69,7% des nouveaux arrivants émigrent au Québec pour des raisons économiques. Oui, ils sont venus nombreux tenter leur chance sur ce coin de terre qui représente pour plusieurs une qualité de vie supérieure, une sécurité sociale certaine et un avenir possible pour leurs enfants. La plupart d’entre eux sont des travailleurs qualifiés et 3,4 % sont des gens d’affaires qui investissent dans la province.
D’ici 2050, l’immigration se fera de plus en plus pressante dans tous les pays occidentaux puisque la planète Terre accueillera 2 à 3 milliards d’individus supplémentaires. Dans son message pour cette Journée mondiale du migrant et du réfugié, le Pape Benoît XVI évoque fort bien la réalité des personnes migrantes : « Le chemin est le même, celui de la vie, mais les situations que nous traversons sur ce parcours sont différentes: beaucoup de personnes doivent affronter l'expérience difficile de la migration, dans ses différentes expressions: intérieures ou internationales, permanentes ou saisonnières, économiques ou politiques, volontaires ou forcées. Dans divers cas, le départ de son propre pays est provoqué par différentes formes de persécutions, de sorte que la fuite devient nécessaire. »
Le Québec est de moins en moins homogène. Nous le savons tous, le tissu social et culturel du Québec est unique au monde et fragile en cette terre d’Amérique. Dans ses perspectives d’avenir, le gouvernement favorise une population immigrante qualifiée et capable d’investir financièrement mais plusieurs dénotent que ces critères ne sont pas suffisants, qu’ils manquent de rigueur. Il y a là, une question cruciale d’équilibre et d’harmonie sociale. Au cours de 2010, le député Pierre Cursy posa une question que plusieurs n’osaient poser : le Québec reçoit-il trop d’immigrants? « Proportionnellement à la population totale du Québec, c’est trois fois plus que la France et deux fois plus que les États-Unis » notait le député péquiste. Le défi de l’immigration est évidemment celui de l’intégration harmonieuse. Les statistiques nous révèlent que près de 41% des immigrants ne sont pas d’origine latine, c’est-à-dire assez éloignés de la culture québécoise et sans trop d’affinité avec la langue de la majorité francophone. Y aurait-il de revoir les critères d’admissibilité, de mettre en place un débat public sur cette importante question concernant l’avenir du Québec?
Peu importe les choix de nos dirigeants, il est nécessaire d’apporter un accueil de qualité aux nouveaux arrivants et de leur permettre de contribuer à l’épanouissement du Québec d’aujourd’hui. Dans cette perspective, le Pape Benoît XVI dans son message de la Journée mondiale du migrant et du réfugié ajoute : « Le monde des migrants est vaste et diversifié. Il est constitué d'expériences merveilleuses et prometteuses, ainsi que, malheureusement, de nombreuses autres, dramatiques et indignes de l'homme et de sociétés qui se qualifient de civilisées. Pour l'Église, cette réalité constitue un signe éloquent de notre époque, qui souligne de façon encore plus évidente la vocation de l'humanité à former une seule famille et, dans le même temps, les difficultés qui, au lieu de l'unir, la divisent et la déchirent. Ne perdons pas l’espérance.»
À chacun de nous de poser des gestes porteurs d’avenir pour une intégration harmonieuse des nouveaux arrivants en terre québécoise. Nous n’avons pas à renier ce que nous sommes, au contraire nous avons à affirmer davantage nos valeurs, nos coutumes, nos principes pour que les nouveaux arrivants puissent y devenir de réels participants à l’identité commune.