À l’occasion de la Journée d’affranchissement des dépenses alimentaires, la Banque de Montréal (BMO) annonçait cette semaine une hausse des coûts des denrées alimentaires. Nous apprenions aussi que les Canadiens dépensent en moyenne un peu plus de 7 000$ par année pour leur alimentation, soit environ 10% des dépenses des ménages. Toutefois, selon les experts, la croissance des aliments sera somme toute modérée en 2011. En fait, le panier d’épicerie devrait coûter environ 5% plus cher au pays cette année en raison principalement de la hausse des prix de plusieurs produits de base, notamment le sucre.
Pour sa part, la fédération canadienne de l’agriculture annonçait récemment une solide croissance de la production agricole pour les deux prochaines années. Ce secteur de notre économie est névralgique et connaît une vive compétition sur les marchés mondiaux. Saviez-vous que le Canada est le quatrième exportateur agricole en importance dans le monde? Nous vivons dans un pays d’abondance alimentaire et pourtant les banques alimentaires pour les démunis sont nombreuses et manquent constamment de nourriture pour répondre à la demande. Quel paradoxe!
Ce n’est pas la nourriture qui manque au pays. Selon Statistique Canada, chaque Canadien gaspillerait 183 kilogrammes de nourriture par an. Vous avez bien lu mes amis, 183 kilos! Cela signifie, bon an mal an, que plus du tiers de tous les aliments prend le chemin des poubelles. Selon plusieurs experts, malgré ce que les gens pensent, le panier d’épicerie coûte beaucoup moins cher que dans un grand nombre de pays occidentaux. Dans plusieurs pays dans le monde, les dépenses alimentaires comptent pour 50% du budget des ménages. Au pays, on semble donc moins s’attacher vraiment à la valeur de la nourriture. Il est vrai d’affirmer que plus un produit coûte cher, moins on est intéressé à ce qu’il se retrouve à la poubelle.
Nous le savons tous, jeter des denrées alimentaires qui auraient pu être consommées est un non sens social, économique et environnemental. Quoi qu’il en soit l’alimentation est essentielle à la vie, mais il ne faut cependant pas vivre uniquement pour manger. Qu’allons-nous manger? Phrase que nous entendons assez souvent merci! Boissons, plats préparés, desserts… Impossible parfois de s’y retrouver parmi tous les produits disponibles dans les rayons de nos supermarchés. Force nous est de constater que face à l’offre alimentaire, il n’est pas facile de faire des choix pertinents. Le Guide alimentaire canadien demeure toutefois un outil indispensable pour manger sainement. Avec la grande variété d’aliments sains disponibles, il peut paraître difficile de savoir par où commencer. Globalement, selon les diététiciens, il faut tenter d’inclure des aliments issus des quatre groupes d’aliments : produits de grains entiers, légumes et fruits, produits laitiers, viandes maigres et substituts. Une bonne alimentation est une composante essentielle de la santé.
Dans nos sociétés mitraillées par la publicité, nous sommes constamment sollicités par les produits de restauration rapide et pas toujours nutritifs. Une alimentation saine consiste à respecter l’équilibre alimentaire, à consommer ni trop ni trop peu de nutriments essentiels. Le problème quotidien qui se présente à l’Occident, ce n’est pas la nourriture, mais plutôt de savoir bien manger. Sollicité de toute part, il revient à chacun de prioriser ce qu’il va mettre dans son assiette. Les Anciens disaient bien avec une pointe ironique que l’on creuse sa tombe avec ses dents. Le grand paradoxe de notre société, c’est l’offre prodigieuse des aliments qui en fait peut nous rendre dépendants, malades. En fait, on meurt d’avoir trop ou mal mangé. Gardons la tête dans son assiette ou du moins un œil avisé pour savoir ce que l’on mange réellement. N’est-ce pas le célèbre Hippocrate qui disait : « Que ton aliment soit ta seule médecine. »?