Depuis cinquante ans, la place de l’homme et de la femme s’est radicalement différenciée. On ne peut passer sous silence tout le mouvement féministe qui a donné au cœur de notre société une reconnaissance légitime au sexe féminin. Mais voilà que de nombreux experts signalent que l’image de l’homme en a pris pour son rhume au cours des récentes décennies. C’est ce que vient d’affirmer le sociologue Anthony Synnot dans une étude récente. Il affirme qu’il faut venir au secours de l’homme qui semble pas mal secoué de toute part dans notre société. Celui que l’on appelait l’homme fort, qui représentait jadis la sécurité et la stabilité; voilà que ce cher homo faber marche avec des pieds d’argile et son cœur flanche de plus en plus. D’après, cette analyse sociologique, l’homme occidental vit un sérieux problème d’identité, crie de plus en plus au secours!
Au cours des dernières années, dans l’imaginaire collectif, l’homme semble être choisi pour le mauvais rôle. Qui sont les violeurs, les arnaqueurs, les fraudeurs, les usurpateurs et j’en passe? Entre vous et moi, qui décrochent du système scolaire? Les jeunes garçons et les professeurs masculins. Le monde se féminise au détriment d’un équilibre sain et porteur d’harmonie. Nous n’avons qu’à suivre les téléromans pour réaliser que ces images, souvent exagérées, ne cessent de ridiculiser la nature même de l’homme. Selon le savant sociologue de l’Université Concordia, une certaine forme de misandrie menée de front par une frange féminine nuit à l’épanouissement de l’homme et de ses rapports avec le monde. Les hommes sont de plus en plus nombreux à consulter les cabinets de psychologues. Anthony Synnot « préconise un nouvel humanisme où les sexes se complètent plutôt que de s’opposer. »
Selon plusieurs spécialistes, les publicités qui s’adressent à un public masculin exploitent principalement l’axe de la virilité. Par exemple, les images de sport, de compétition, de destruction, dont l’objectif est de présenter la virilité en action, ont un impact direct sur les hommes. Par contre, dans les publicités destinées à un public mixte, l’homme-objet et l’idiot occuperaient une place grandissante, voire prépondérante.. Certains perçoivent « l’idiot de service comme le pendant masculin de la blonde niaise des publicités d’antan, et considèrent ces publicités comme un juste retour du balancier. » Katherine K Young et Paul Nathanson, auteurs de Spreading Misandry, voient dans ce type de publicité une manifestation de la misandrie des sociétés nord-américaines Certes, de nombreux psychologues et psychothérapeutes affirment que ces perceptions et ces représentations généralisées ont un impact négatif sur les garçons et les hommes.
En fait, bien malins ceux qui sauraient donner une définition claire de l’homme québécois, version 2011. Parce que ces messieurs semblent plus complexes que ne laissent paraître les publicités. Chose certaine, l’homme semble se retrouver là où était la femme, il y a 25 ans. Il s’exprime certes peu sur ce qu’il vit, il a beaucoup de difficultés à s’exprimer pour dénoncer certaines choses qu’il ne supporte plus dans sa propre vie. Une émotion empreinte de tristesse met l’homme mal à l’aise, et quand cela regarde sa propre vie, il ne sait pas comment l’aborder, d’où la tendance au refoulement qui, de toute évidence, n’offre aucune alternative de libération de sa souffrance lors de moments insoutenables. Et nous, savons tous les dérives d’abus et d’excès que cela peut engendrer.
Que peut-on faire pour oublier ce mal d’être, ce mal de vivre éprouvé par tant d’hommes et de garçons? Les paroles de la chanson Le mal de vivre de Barbara expriment bien cet état d’âme qui habite tant d’hommes autour de nous: « Ça ne prévient pas quand ça arrive. Ça vient de loin… le mal de vivre » À nous de créer un climat où chaque personne puisse exprimer ce qu’il est dans le respect. J’ose croire, comme le disait Condorcet : « L’espèce humaine marche d’un pas ferme et sûr dans la route de la vérité, de la vertu et du bonheur ».