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| Jean-Guy Roy - Royalement vôtre ! |
14 février 2012 - Le 6 février dernier marquait l’ouverture des célébrations du 60e anniversaire de l’accession au trône de la reine Élisabeth II du Royaume-Uni. À cette occasion, l’auguste reine a réitéré son serment de consacrer sa vie entière à servir ses sujets. Par le fait même, elle a signifié assez clairement qu’elle écartait toute démarche d’abdication. Dans son message, tout de même bref, mais solennel, Elisabeth Alexandra Mary Windsor de son vrai nom, fit écho à son discours qu’elle prononça en 1947 par ces mots remplis, il va sans dire, de noblesse: « Je déclare devant vous tous que je consacrerai ma vie, qu’elle soit longue ou courte, à votre service et au service de la grande famille impériale. » | La jeune princesse n’avait alors que 21 ans, mais le record de longévité appartient toujours à sa mère qui s’est éteinte en 2002 après 63 ans de règne. Compte tenu de la longévité, on peut sans équivoque emprunter l’expression « Telle mère, telle fille » Mais ces festivités royales soulèvent tout de même au Canada des réactions des plus diverses.
Cette femme au destin imprévu étonne par sa longévité et sa forte personnalité. La route de la reine d’Angleterre ne fut pas de tout repos depuis qu’elle fut nommée princesse en avril 1942. Après les célébrations du 25e anniversaire de règne de son grand-père le roi George V, celui-ci meurt en janvier 1936. Son héritier, Édouard VIII, renonce quelques mois plus tard au trône. C’est donc son frère cadet, le père d’Élisabeth qui accéda au trône sous le nom de George VI. Et voilà que le destin ouvre tout grand le chemin royal pour la jeune Élisabeth. Devant l’approche imminente de la guerre, elle quitte Londres en un lieu protégé tandis que ses parents resteront auprès du peuple pour combattre l’envahisseur germanique. Le jour de son 16e anniversaire, Élisabeth est nommée colonel en chef du régiment des Grenadiers Guards dont elle doit passer régulièrement en revue les troupes. Durant la deuxième guerre mondiale, elle portera l’uniforme en s’enrôlant à 18 ans comme apprentie conductrice d’ambulance dans l’Auxiliary Territorial Service. Le 20 novembre 1947, elle épouse Philippe Mountbatten, auparavant prince de Grèce et de Danemark. De cette union naîtra Charles, Anne, Andrew et Edward.
Depuis son accession au trône Élisabeth II aura été témoin de bien des changements en Europe et dans le monde. Au cours de son règne, elle est venue au Canada, pays qu’elle affectionne grandement, à vingt-deux reprises. Toutefois, sa présence et le rattachement du pays à la couronne d’Angleterre ne font pas l’affaire de tous les Canadiens, en particulier des Québécois. Selon un sondage Angus Reid, 64% des francophones voudraient purger le Canada de la monarchie et 74% voudraient se débarrasser du gouverneur général et des lieutenants-gouverneurs provinciaux. Ces taux sont respectivement de 25% et 31% chez les anglophones. Le Canada n’est pas la seule nation à vouloir prendre ses distances de la monarchie britannique. L’Australie a connu bien des déchirements devant les promoteurs et les tenants d’un statut souverain de République pour ce vaste pays de l’Asie-Pacifique..
Pour ce qui est du Canada, les gestes récents du premier ministre Stephen Harper semblent au contraire consolider les liens. La récente visite de la reine en 2010 avait coûté plus de 2,5 millions au pays, celle de William et Kate en juillet 2011, assez grandiose merci, avoisinerait les 5 millions de dollars. Plusieurs voix se sont levées pour questionner ces choix du gouvernement. Dans le cadre de ce jubilé de diamant, une nouvelle médaille commémorative a été créée et sera attribuée à l’occasion des célébrations qui marqueront le 60e anniversaire de l’accession au trône de sa Majesté. Au cours de cette année, 60 000 canadiens seront reconnus pour leur mérite. Les députés du Bloc québécois vont refuser leur médaille pour inciter le premier ministre à mettre un frein, selon le député Louis Plamondon, à ses « folies monarchiques. »
Que l’on aime la reine ou pas, il importe de s’interroger sur les 7,8 millions de dollars que le Canada investira dans ces festivités. Plusieurs observateurs soulignent aussi le rôle de la monarchie dans les affaires canadiennes puisqu’il en coûte au-delà de 50 millions de dollars annuellement aux contribuables. Entre nous, le système monarchique est assez loin de la démocratie que prêche le Canada depuis des décennies sur toutes les tribunes à travers la planète. Les révélations de la semaine dernière en ce qui a trait à la rémunération des anciens gouverneurs généraux, à savoir qu’ils touchent leur salaire à vie d’environ130 000 $ sans être soumis à l’impôt, en a scandalisé plus d’un. Comment se fait-il que les représentants de la reine, après cinq de service, ont droit à leur salaire à vie et à une exemption d’impôt alors que tous les fonctionnaires et contribuables canadiens n’en sont pas exempts? Décidément, les célébrations du 60e de la reine Élisabeth II n’ont pas fini de faire couler beaucoup d’encre et de soulever des passions et pour cause.
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 | Citation | Ne commence pas la journée avec les blessures d'hier! |

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