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| Jean-Guy Roy - Couperet fédéral |
13 avril 2012 - Vivre en société comporte des
exigences morales et éthiques que semblent oublier parfois bien des gens. Au
cours des deux dernières années, les révélations douteuses de collusion dans les
officines municipales, gouvernementales et celles des partis politiques ont miné
quelque peu, il va sans dire, la crédibilité de ceux et celles qui nous
dirigent, suscitant même un certain climat de suspicion envers nos institutions
supposément garantes à plusieurs égards des valeurs communes. « À
qui peut-on se fier? » se disent bien des citoyens désabusés
devant tant d’écarts de conduite. | Nous n’existons pas que pour nous-mêmes, il va sans dire! Certes chacun de nous est unique au monde, mais pas unique dans le monde. Lorsque l’on observe certains comportements égocentriques de personnes que l’on considère normales, intelligentes et équilibrées, on se demande parfois sur quelle planète nous vivons. Kant qualifiait d’insociable sociabilité cette nature conflictuelle de l’homme dans sa relation à la société. Mais où allons-nous ma foi?
Il faut dire que le monde a bien changé depuis les écrits du célèbre philosophe allemand, fondateur de « l’idéalisme transcendantal ». L’être humain demeure toutefois profondément enraciné dans son parcours existentiel et dans son besoin d’être reconnu et d’être utile au monde. Nous savons bien reconnaître que la société de consommation dans laquelle nous baignons a fait de nous le centre de l’univers commercial et cela pour notre plus grand bien semble-t-il. Et notre bien, n’ayons crainte l’industrie commerciale sait pertinemment en prendre soin, carte de crédit en main. Mais le bonheur ne prend-il pas sa source féconde dans l’ouverture aux autres, le partage, le don de soi, la solidarité? Des mots qui parfois sonnent un peu creux dans certains milieux corporatifs et d’affaires. Pourtant, notre propre bonheur ne se fait pas au détriment des autres.
Ça, des milliers de Québécois et de Canadiens l’ont compris par leur admirable engagement sur les plans social et humanitaire ici et ailleurs dans le monde. Ils sont une armée de bénévoles au Québec à servir les plus démunis de notre société. C’est un signe éclatant que la solidarité est essentielle dans un vivre ensemble où la chance n’a malheureusement pas souri à tous. J’ai été grandement impressionné Vendredi saint dernier en visitant la Maison du Père, refuge pour personnes itinérantes à Montréal. Mais quelle ressource formidable malheureusement méconnue et insuffisamment soutenue! Cette maison bourdonne d’activités. Un travail colossal se réalise au quotidien par une équipe de 70 permanents en compagnie de 150 bénévoles dévoués auprès de centaines de personnes blessées par les difficultés de la vie. Les œuvres de ce genre sont des exemples exceptionnels de la bonté qui donne vie.
La générosité des Canadiens ne s’est pas démentie au fil des années. Combien de missionnaires de chez nous sont partis au début du 20e siècle pour aider, éduquer et soigner les populations en détresse? Ce fut sans contredit phénoménal! L’aide internationale du Canada, somme toute assez sobre si on la compare à celle des pays européens, vient de passer dans le collimateur fédéral. Imaginez, le gouvernement Harper coupe dans l’aide aux plus pauvres de la planète. L’aide globale internationale du pays n’atteignait même pas 0,50% de son PIB et cela depuis plus de 20 ans. Voilà que les subventions à de nombreux organismes, comme Développement et paix, sont passées sous la moulinette fédérale. Cette aide gouvernementale dépassera dans le présent budget à peine les 0,30% du PIB. Autour de la table regroupant les pays du G8, le Canada fera sans aucun doute piètre figure avec son programme d’aide humanitaire. La plupart des pays nantis consacrent au moins 0,7% de leur PIB. Sans doute qu’avec cette coupure sur le dos des plus pauvres de la planète le gouvernement Harper pourra financer aisément les fameux CF-18 qui ne finissent plus de subir des dépassements de coûts astronomiques. Disons que ce dernier qualificatif n’est pas trop fort dans ce contrat d’avions de chasse des plus controversés.
Avec le présent gouvernement conservateur, la réputation du Canada en a pris pour son rhume sur la scène internationale. Que l’on pense, entre autre, au geste inacceptable du retrait du protocole de Kyoto, la non reconnaissance des droits des Palestiniens et j’en passe. La réaction internationale à cette approche Harper est survenue lors de l’élection au conseil de sécurité de l’ONU. Le Canada a connu une rebuffade historique en se faisant ravir par le Portugal le siège qui lui était traditionnellement dévolu. Décidément, l’actuel gouvernement ne tient pas compte de l’apport inestimable de tous les organismes humanitaires qui font un travail exceptionnel depuis des décennies auprès des populations pauvres et en manque de tout sur la planète. Albert Jacquard, scientifique et essayiste français, disait : « Nous vivons une mutation complète de la condition humaine Désormais la solidarité la plus nécessaire est celle de l’ensemble des habitants de la Terre. »
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 | Citation | Ne commence pas la journée avec les blessures d'hier! |

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