C’est sans doute la question fondamentale de cette campagne déclenchée hâtivement. Qu’est-ce qui a poussé Stephen Harper dans cette aventure après 30 mois seulement à la tête d’un gouvernement minoritaire? Tous les résultats des sondages, avant le déclenchement des élections, signalaient que les Canadiens ne désiraient pas une élection fédérale hâtive. Voilà que nos dirigeants ont caressé sans doute l’espoir d’une majorité parlementaire à la Chambredes communes ou ils ont tout simplement succombé à leur ambition. La soif du pouvoir rend parfois sourd et aveugle dit-on. L’histoire politique de notre pays est une grande éducatrice à cet égard. Mais, il semble que cela ne marchait pas rondement sur la colline parlementaire. Soit, allons-y aux urnes!
Quoi qu’ilen soit, nous sommes presque au terme de ces 30 jours de campagne terne, sans trop d’enjeux majeurs. Il y a bien eu quelques soubresauts sur la culture, l’environnement et la présence militaire à l’étranger, mais rien ne ressort de spectaculaire. Un marathon pour des chefs de parti qui essaient de courtiser un électorat qui se laisse tirer l’oreille, davantage préoccupé par les activités énergivores de la rentrée d’automne, les aléas de l’économie américaine et la crainte d’une récession prochaine. Jusqu’à maintenant, ce fut une campagne où les chefs se tirent dessus à boulets rouges, armés de quelques messages publicitaires un peu acides. Pendant que l’on se tire dessus, on ne parle pas des vrais enjeux de ce pays, bien entendu. C’est une bataille de coqs mes amis. Quelle toile de fond en cet automne qui s’annonçait pourtant tranquille! J’ai l’impression que le million six cent mille téléspectateurs québécois qui ont écouté le débat des chefs n’ont pas été rassasiés à souhait. Au fait, ils étaient à peine un peu plus nombreux que les fans de l’émission « Occupation double » à TVA. Pour ma part, j’ai l’impression qu’un bon nombre de Canadiens ont hâte de tourner la page de ce chapitre déjà trop long à leur goût.
Pourquoi un gouvernement majoritaire? Il me semble que la population canadienne a été plutôt bien servie sous la houlette d’un gouvernement balisé par la minorité parlementaire. Les chefs de partis sont obligés de se parler, de faire consensus, de servir les intérêts du peuple canadien plutôt que de nourrir et d’imposer certaines visées partisanes. Ce n’est pas parce qu’un parti récolte 40% des suffrages qu’il représente nécessairement tous les souhaits et désirs de l’électorat canadien, Notre régime parlementaire est ainsi fait. Entre vous et moi, j’ai essayé de saisir et de comprendre la pertinence des programmes des divers partis politiques sans trouver de quoi me satisfaire. Je cherche toujours en vain le programme de Stephan Harper, je ne le trouve nulle part. Au cours de la présente campagne, nous l’avons entendu saupoudrer quelques millions ici et là, mais sans programme et vision du pays. Entre vous et moi, les jeux ne sont pas faits. L’électorat canadien peut surprendre encore!
Le débat des chefs, pour la première fois livré autour d’une table, est maintenant du passé. C’est souvent le moment clé d’une campagne électorale. Les citoyens prennent davantage conscience à cet instant névralgique de ce qui se passe réellement. Que nous réserve la suite? «L’arbre est dans ses feuilles, maluron maluré» nous dit la chanson! Je ne sais pas si l’unifolié prendra davantage les coloris de l’automne.Quoi qu’il en soit, nous sommes en saison automnale et les couleurs sont plus vives que jamais en cette période unique. Nous verrons le 14 octobre sous quelle couleur le pays sera gouverné. Prenez patience, car tout n’est pas terminé puisqu’une autre élection se prépare dit-on, provinciale cette fois-ci. Tout un automne mes amis! La cote de popularité de Jean Charest atteint des sommets et ses stratèges jonglent avec l’idée, eux aussi, de doter le Québec d’un gouvernement majoritaire. Décidément, nos gouvernements veulent vraiment tout le pouvoir et, en cette période de craintes économiques, l’argent ne semble pas un obstacle.
Profitons quand même de l’automne qui s’esquive un peu plus chaque jour. Après les pommes, les citrouilles, les vendanges et les coloris de nos arbres majestueux, la neige nous surprendra à nouveau bien assez tôt. Il encore temps de déambuler dans les milliers de sentiers sinueux de nos belles forêts, de sillonner les routes champêtres du Québec à la recherche de paysages époustouflants, de renifler les odeurs de nos marchés publics. Que je t’aime Québec dans ce sursaut saisonnier, dans cette fraîcheur du matin. Félix-Antoine Savard disait: «L’automne est une saison sage et de bon conseil.» Cela nous rassure pour le 14 octobre prochain. Tout en couleur, n’est-ce pas mes amis!
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