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LES BONS ENFANTS

LES BONS ENFANTS

par

Jeanne Desrochers

 

    À quel moment les bons enfants se transforment-ils en ados rebelles, boudeurs, enfermés sur eux-mêmes et sur leur gang, aveugles au reste de l’univers, au point  de bousculer  sur leur passage jeunes et vieux?

  Pour le moment, je jouis de la présence des trois petits enfants qui sont mes voisins du dessous. Les jumelles ont 7 ans, leur frère en a douze et se prépare à passer au secondaire. Sur le nombre des enfants qui ont été dans mon entourage, enfants, neveux et petits-enfants, deux sont passés par le monde de la drogue et n’en sont pas sortis indemnes. Les parents non plus.

   Mes enfants ont été les cobayes des premières polyvalentes. Certains des bons enfants qu’ils avaient connus au primaire étaient devenus pushers. J’ai vu mon fils aîné enfourcher son vélo pour aller au secours d’un ami qui « badtrippait ».  J’ai vu chez moi, sur la cheminée du salon une petite pipe à l’orientale, reliée à un contenant d’eau. Je n’ai pas posé de questions, ça ressemblait à un souvenir de voyage. Je ne voyais pas ce que je ne voulais pas voir, et mes enfants m’ont épargné des inquiétudes inutiles.

   L’un d’entre eux, celui à la pipe, confie maintenant qu’il voulait tout essayer, au moins une fois. Parmi ses frères et soeurs, il y en eut comme lui qui ont voulu connaître dans quel monde ils  vivaient, d’autres qui sont restés à l’écart. Je crois qu’en général, leur attitude ressemblait à celle de leur mère, l’attitude un peu hautaine de ceux qui valorisent leur intégrité, leur santé, leur avenir, plus que le désir de faire comme tout le monde.

  Drapée dans mon orgueil de mère de bons enfants, je me disais que si je les avais bien élevés, ils seraient autonomes et n’auraient pas besoin de béquilles pour passer à travers les orages de l’adolescence.

Quelle baveuse! Et quelle chanceuse, car ces adultes d’aujourd’hui, qui ont dans la cinquantaine ou qui en approchent, sont encore de bons enfants pour leurs parents.

   Si j’essaie de comparer mon jeune temps avec celui de mes enfants et de mes petits-enfants, la grande différence qui me saute aux yeux, c’est la période d’apprentissage qui s’allonge, cette période où ils vivent entre eux, et où l’influence prédominante dans leur vie, c’est celle des autres jeunes avec qui ils passent la plus grande partie de leurs journées. Quand ils abordent les jobines précaires, chez MacDonald par exemple, ils sont encore entre eux.

  J’en ai eu moi aussi des petits boulots mal payés, à partir de 14 ans.

Je travaillais pendant les vacances dans les magasins qu’on appelait « les 5,10, 15 », parce qu’on y vendait des bebelles à 5,10 ou 15 cents, mais aussi presque tout ce que vendait un magasin général de campagne. Il y avait une hiérarchie entre ces commerces, on faisait son apprentissage au United ou au Metropolitan, à 20 cents l’heure, puis on passait chez Woolworth ou Zellers, où cela se rapprochait de 30 cents.

   Je n’étais pas une adolescente, on ne connaissait pas le mot. Les enfants devenaient de jeunes adultes, assez rudement parfois, en se frottant aux adultes chargés de leur apprentissage.

  Un bon jour, à 17 ans, j’ai interrompu le cours Lettre et Sciences destiné aux filles de bonne famille, je suis devenue « une demoiselle du Bell » parmi les autres filles de bonne famille trop pressées de gagner leur vie pour passer par le cours d’infirmière ou le cours commercial. Les plus fortunées quittaient notre petite ville pour devenir pensionnaires dans un collège de Montréal, certaines pour se préparer à l’Université, le meilleur terrain pour la chasse au mari... N’empêche qu’une de mes compagnes de classe est devenue médecin.

   Le plus gros problème que je vois au si long apprentissage des jeunes d’aujourd’hui, est que leurs hormones les préparent beaucoup plus tôt à une activité sexuelle, qui dans une vie plus proche de la nature signalerait le temps de commencer une famille. Alors que dans la vie qu’ils mènent entre eux, ils deviennent des fournaises qui s’embrasent longtemps avant que la chaleur qu’ils suscitent puisse servir à quelque chose.

 Jeanne Desrochers ( jeannedesrochers@videotron.ca )

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