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Je suis devenue vieille par Jeanne Desrochers

        C’est récent. J’aimais dire que j’approchais 80 ans, sachant qu'on s’exclamerait sur ma bonne mine, ma démarche assurée, mes séances d’entraînement aux éxercices Pilates, à la marche nordique, à la danse de ligne. Et mes projets de voyage.

                               “80 ans! On ne vous les donnerait pas!”

     Je ne me les donnais pas moi même. Mais ces temps-ci, je me les donne assurément. Et on me les donne aussi, puisqu’on me cède la place dans le métro. “Qui vous a conduit ici?” m’ a demandé cette semaine la jeune optométriste qui m’a prescrit de nouvelles lunettes.
   Heureusement, je n’en suis pas là. Son bureau est à 4 coins de rue de chez moi! Si  j’en étais là, qui me conduirait aux cours qui occupe les trois premiers matins de ma semaine? Il faudrait qu’on m’accompagne à la banque, à l’épicerie, à la bibliothèque? Ou bien  que je renonce à faire mes courses? Que je ritualise tout ça, que je m’entende avec mon voisin de fils pour aller à l'épicerie avec lui le dimanche? Que je fasse des listes et des téléphones?
   Non merci, non merci, non merci, disait Cyrano. Il faudrait dire  plus humblement, de façon plus réaliste, ça viendra, je suppose, mais je n’en suis pas là.  
   Mes genoux protestent parfois, surtout dans les escaliers, mais ils me portent bien. C’est quand je veux grimper inopinément sur une chaise qu’ils me refusent le service et me rappellent à l’ordre. “Prends le temps d’aller  chercher l’escaberau, tu vois bien que si tu peux poser un pied sur la chaise, l’autre ne peut plus donner l’élan qu’il faudrait pour rejoindre la première. Et qu*est-ce que ces façons de monter sur le bord du bain pour mettre un vêtement à sécher sur la barre de douche? L’escabeau est juste à côté. Prends le temps de t’en servir.” 
    C’est justement ça qu’il faut me rentrer dans la tête. Je dois prendre le temps. Quand je suis étendue au sol, avec ma classe de Pilates,  je ne peux me lever d’une traite. Cela se fait par  phases. D'abord rouler sur le coté, ensuite trouver appui  sur un bras, ensuite poser un pied bien solidement sur le sol, et me servir du genou comme d'une colonne.  Sans regarder les autres qui se sont mis debout sans hésitation.
     Les autres, c’est ça le problème. Les vieilles que les rhumatismes condamnent à la maison n'ont pas à s’occuper du regard des autres. Est-ce que tu préférerais suivre leur exemple, plutôt que celui de Marguerite Lescop, qui a eu 80 ans à l’époque où elle publiait «Le tour du monde en 80 ans». Aussi bien dire qu’elle approche ou dépasse les 90. On l’a vu récemment à la télé. au volant de sa voiture. Elle doit en sortir lentement, je suppose, quand il n’y a pas de main secourable qui se présente. Mais elle y entre et elle en sort, avec ou sans aide,  et elle va ou elle veut. Comme toi avec les autobus et le métro.
   Toi aussi tu apprends à accepter gentiment l’aide qu’on te propose. C’est avec le sourire que tu t’appropries le siège qu’on te cède. Avec le sourire, aussi, que tu dis parfois, non merci, je descend tout de suite.
  La pub, qui s’empare de la viellesse comme du reste, puisque c’est le sujet du jour, fait dire à une femme qui a encore bien des attributs de la jeunesse, “ je ne veux pas vieillir avec grâce,  je vais me battre pied à pied”. Ce qui signifie qu’elle va utiliser toutes les petites crèmes qu’on veut bien lui vendre. Et le Botox. Et le bistouri, pourquoi pas?
    Moi, le bistouri, j’aurais la chienne. On disait, dans ma jeunesse, “Il faut souffrir pour être belle”. Je ne veux pas me laisser dire, dans ma vieillesse, “il faut souffrir pour ne pas faire peur au monde”.

Jeanne Desrochers ( jeannedesrochers@videotron.ca )

P.S. Qui voyez-vous dans le dessin (en haut à la gauche) ? Un jeune dame ou une vieille? Observez bien. Il y en a 2...