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Comment l’esprit vient aux filles par Jeanne Desrochers

J’ai déjà su de qui était la citation ci-haut. De Lafontaine, peut-être. Je l’emprunte, pour la contester. Elle implique que les filles n’ont pas naturellement d’esprit, c’est dire, je suppose, que naturellement elles savent s’occuper des choses matérielles, tenir une maison, élever des enfants, changer les couches, alors que les hommes savent naturellement s’occuper de la chose publique, briller en société, régler les problèmes importants, fendre le bois.

    Nous savons toutes que rien ne nous vient naturellement, que nous apprenons ce que la société de notre  temps veut que nous apprenions. Nous savons que la force physique des garçons les a préparés dans la préhistoire à chasser, à fournir à manger aux femelles de leur clan, donc à se sentir supérieurs, à  prendre avec leurs semblables les décisions concernant le clan et à laisser aux femelles la responsabilité de protéger la vie qui vient d’elles.
   Déménager ou rester là, ça dépendait du gibier disponible.
   Les femelles et les enfants ont appris avec le temps à cueillir les plantes et les fruits disponibles, le long de leurs pérégrinations. Éventuellement, cela a conduit à l’agriculture, au sédentarisme. Et à une autre répartition des tâches.
  « Vous êtes nés en ville, disait mon père -- à ses fils comme à ses filles --, vous ne connaissez rien”.
   Enfant, j’étais bien consciente que je ne connaissais rien. Je voulais qu’on m’explique, qu’on me montre ce qu’il fallait faire. Par exemple quand il s’agissait d’épousseter, de passer la vadrouille, d’allumer le poêle à bois. Ma mère a constaté qu’à l’âge adulte, je n’avais pas le bon geste pour tordre le linge.
   Pour apprendre les innombrables gestes de la vie quotidienne, on regarde faire les adultes, s’ils sont assez patients pour expliquer ce qu’ils font. Ma mère avait autre chose à faire, avec les bébés qui arrivaient chaque année, et elle avait une aide-domestique, pour ne pas dire une servante, qui arrivait tout juste à nous envoyer à l’école à peu près propres, à mettre la maison en ordre (sans aspirateur, sans laveuse automatique, sans laveuse à vaisselle) à entretenir les feux (poêle à bois à la cuisine et fournaise à la cave), etc. Toute la journée, elle était dans les escaliers, montait le bois de la cave, faisait les chambres et la salle de bain à l’étage, revenait à la cuisine pour le lavage, le repassage, pour mettre de l’eau à bouillir, etc..
   J’ai appris. Parfois péniblement. Jeune mariée, j’ai eu à respecter un budget. Plus ou moins. Quand j’arrivais à la caisse du supermarché, je devais parfois soustraire de mon panier deux ou trois objets que je ne pouvais pas payer.
   Je savais faire cuire les œufs, la viande hachée, les patates, préparer le jello et les puddings jellos. Et pour le reste, lire un livre de recettes.
   Quand j’apprenais à tricoter à l’école, j’étais lente et distraite. À la fin de l’année, le tricot n’était pas fini. « Quand t’auras besoin de tricoter, il y a des livres pour ça ” m’a dit ma mère.
   C’est ce que j’ai fait le reste de ma vie. J’ai appris dans un livre, avant de trouver une instructrice, comment accoucher sans anesthésie.  Quand ma mère accouchait à la maison, sans faire d’histoire, parait-il, l’anesthésie ne servait qu’au moment de l’expulsion.
    J’ai lu et relu le Dr Spock, et je le consultais chaque fois que les bébés présentaient un problème. Parfois je téléphonais à ma mère « Est-ce que c’est normal que la petite n’ait pas encore de dents?  - Comment veux-tu que je me rappelle de ça, répondait-elle. »
  Ce que j’ai appris de plus précieux du docteur Spock, c’est que les enfants ne sont pas faits de porcelaine. Babies are tough, dit-il au début de son livre. Vous ne les briserez pas, même si vous êtes maladroit.
    L’esprit vient aux filles, avec le temps, mais il leur vient surtout une certaine assurance, un sens de la réalité qui leur fait renoncer au romantisme de leur première jeunesse.
   Leur plus grande difficulté vient de ce qu’on leur demande d’être à la fois réaliste, forte, endurante, sans renoncer totalement au romantisme qui leur fait accepter, au nom de l’Amour, un tas de choses qui ne dépendent en rien de l’Amour, mais des attentes de la société de leur époque. Mon époque voulait que la Famille nous occupe corps et âme. L’époque actuelle veut que les jeunes mères fassent tout à la fois et courent tout le temps.
   Aux mères d’aujourd’hui, comme à celles d’hier, on demande de l’héroïsme au moment d’endosser la maternité.  Autant que possible avec élégance, et avec le sourire.

Jeanne Desrochers
jeannedesrochers@videotron.ca