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UNE PENTE DESCENDANTE par Jeanne Desrochers
  Je suis en froid avec quelqu'un que je considérais comme un élément essentiel de mon équipe de soins de santé: une équipe de quatre éléments, médecin, ostéopathe, masseuse, podiatre.
  Toutes des femmes, sans que j'aie fait exprès. Mais je préfère. Étant donné que nous venons de la même planète, on se comprend sans trop s'expliquer. 
    C'est probablement pour la même raison que les hommes préféraient rester entre eux dans leurs clubs ou leurs tavernes. Nous avons tellement défoncé de portes, les horizons nous sont tellement plus ouverts à présent que, quant à moi, ils peuvent entretenir tant qu'ils veulent des clubs exclusifs, des codes secrets, des poignées de main mystérieuses.
   Tant qu'ils ne s'avisent pas de nous empêcher de bien gagner notre vie et de nous affirmer créatrices, tant qu'ils n'essaient pas de nous renvoyer aux chaudrons et aux couches, même jetables, je veux bien qu'une partie de leur vie, comme de la mienne, ne soit pas attachée aux cordons du tablier.
   Voilà pour le discours féministe. Reprenons le sujet d'aujourd'hui qui est le rôle des professionnels de la santé dans notre vie.
    Comme j'ai passé les trois-quarts d'un siècle, il est probable qu'il m'en reste à vivre moins que le quart. J'ai déjà pensé que je ferais une belle centenaire, comme ma grand-tante Mary, si on me traitait aux petits oignons comme ses deux filles célibataires l'ont fait pour elle. J'ai changé d'idée. D'abord, j'ai une seule fille célibataire, et elle n'aurait pas la vocation.  En plus, je n'aimerais pas être traitée comme un coq en pâte. Mémère, il faut pas oublier vos pilules.   Memère, c'est le temps de la sieste. Memère, venez faire une petite marche sur la galerie. Memère, voulez-vous jouer aux dames?
   Non, je n'aspire pas à devenir centenaire. Ce n'est même plus une rareté!
   Mais j'aspire à conserver la santé qui m'a permis de me rendre jusqu'ici en bon état. Je m'en occupe. Et je compte sur mon équipe de soins. Équipe, c'est beaucoup dire, elles ne se connaissent pas. Mais ce qui est important, c'est que nous tirions dans la même direction.
Et si je suis en froid avec l'une d'entre elles, assez pour lui avoir trouvé une substitut, c'est à cause d'une remarque qu'elle a fait à ma fille, une remarque que vous trouverez peut-être inoffensive. La voici : « Je trouve que votre  mère en perd.'
  Elle était en retard d'une coche, la dame. J'avais eu un accident de santé -une épaule démise — mais je m'en remettais. On m'avait diagnostiqué de l'hypertension, il fallait encore que je me remette du choc et que je prenne régulièrement des médicaments. C'était comme abjurer ma foi, abandonner ma confiance inébranlable en la nature. En ma nature à moi, qui jusque-là avait tenu le coup. Je devais prendre des pilules, comme tout le monde. En plus d'admettre que mes distractions se multipliaient, que je prenais plus de temps à me rappeler des mots utilisés rarement. Je prenais des détours pour nommer un géranium, un magnolia, un chardonneret.
   J'en perds, évidemment. Ma vessie ne tient pas longtemps. Mes genoux protestent dans les escaliers. Mais je ne me crois pas sur une pente descendante. Je vois des zigzags, des hauts et des bas, des efforts réussis et d'autres moins. Je me vois comme quelqu'un qui lâche du lest en  chemin, qui écarte de sa vie ce qui est encombrant, qui ne veut pas s'attrister sur ce qui manque, mais se réjouir de ce qui reste.
Je ne veux pas autour de moi des oiseaux de malheur, des gens qui prédisent que ça ne peut qu'aller plus mal.
  Vous connaissez peut-être cette expérience d'une équipe de chercheurs, qui s'installe dans une école, soi-disant pour repérer les élèves les plus doués. Ils en dressent une liste pour les enseignants, en leur recommandant de porter une attention spéciale à ces enfants. Or cette liste avait été dressée au hasard, les enfants n'ayant été soumis à aucun examen. Ce qui n'empêche pas que ceux qui avaient reçu un surplus d'attentions, pour favoriser leurs dons, se sont révélés doués.
   Quand on prophétise du bien, ça risque d'arriver. Quand on prophétise du mal, pareil. C'est pourquoi il faut faire attention à ce qu'on dit d'une vieille dame.  Elle pourrait mordre.

 

Jeanne Desrochers

 

( jeannedesrochers@videotron.ca )

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