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LA PETITE OIE BLANCHE par Jeanne Desrochers
Il m'arrive de songer à la petite oie blanche que j'étais dans ma jeunesse. Je l'engueule, je la prends en pitié.
      Comme tu étais naïve, ma pauvre petite! Mes petites-filles, les deux qui sont dans la vingtaine, en plus de l'Anglaise de 16 ans (celle dont la mère a pris mari et pays anglais) et même les jumelles de 7 ans pourraient t'en remontrer sur bien des choses. Et bien évidemment, du moins pour les grandes, sur les choses du sexe. Ce qu'on pouvait laisser les filles se marier ignorantes, dans le temps!  À voir les films d'aujourd'hui, où¹ l'on croirait que les amants sont des  cannibales qui essaient de se dévorer l'un l'autre, nous ne savions même pas embrasser!

   Il y a un monde entre la vie de nos petits-enfants et celle de la petite oie blanche des année ‘40. L'Halloween, par exemple. Elle avait probablement 10 ans quand elle a entendu parler de la quête aux bonbons. N'oublions pas que la Grande Crise ne s'est terminée qu'avec le début de la guerre de 39-45. Comment, pendant la Dépression, aurait-on pu penser distribuer des bonbons aux enfants des autres? Qui aurait pu penser que les enfants auraient l'effronterie de frapper aux portes des voisins pour quêter?

   C'est tout juste si nous recevions de temps en temps une cenne noire pour faire les commissions de la voisine. Un cinq cennes pour acheter de la crème glacée, ça arrivait rarement. Et nous n'avions pas la patience d'accumuler les cennes noires. Qui sait quand la voisine aurait besoin d'autres commissions? C'était déjà difficile de décider comment dépenser la pièce unique. Je passais d'abord un bon bout de temps devant la vitrine de monsieur Rapopotte (ça s'écrivait Rappoport, mais j'avais appris son nom à l'oreille). Que choisir, dix tranches d'orange en guimauve, deux lunes de miel ou un gros suçon rond au caramel?

  Dans la petite ville qu'était Sherbrooke en ce temps-là, le pouvoir, le commerce, l'industrie, presque tout était aux mains des Anglais. Et ce sont nos petits voisins anglais qui nous ont fait connaître le 'trick or treat'. Ou bien tu leur payais la traite (treat) ou bien ils faisaient des mauvais coups (tricks). Ils avaient arraché la barrière de la petite clôture blanche, chez ma grand-mère. Pauvre mémére, elle ne savait pas ce qui lui arrivait, l'Halloween entrait dans nos vies sans crier gare.

  Nous avons essayé, timidement, de cogner à quelques portes autour de nous, habillés de robes et de chapeaux de nos mères. Et ça marchait! J'avais du mal à croire à cette bienveillance soudaine envers les enfants. Habituellement, nous avions intérêt à rester bien tranquilles chez nous, à ne pas marcher sur le gazon du voisin, à ne pas aller nous cacher derrière son garage au cours de nos jeux, à céder notre siège aux adultes dans l'autobus. En somme, à ne pas faire les effrontés avec les adultes, qui ne se gênaient pas pour nous réprimander ni pour avertir les parents.

  Dans le temps, les enfants étaient en nombre, comme plus tard les baby-boomers. Et les gens qui sont en nombre font peur. Voyez les vieux aujourd'hui et les Noirs dans certains quartiers.

   La bienveillance envers les enfants, quelle découverte! Une autre surprise heureuse, ce fut celle de la bibliothèque municipale. Des albums en couleurs, des tables basses pour s'installer et faire un choix, la permission d'apporter trois livres à la maison, de revenir au bout d'une semaine ou deux et d'en rapporter trois autres. Bécassine, la semaine de Suzette, Sir Gerry détective, les histoires de la Bibliothèque rose. Mais je rêvais!

   Bien avant Tintin, les neveux de Sir Gerry évoluaient dans un monde sans parents, sans interdits. Du moins dans mes souvenirs. Ce n'est pas comme la pauvre Sophie de la Comtesse de Ségur, qui commettait à répétition le crime de désobéissance et le crime de distraction. La terrible enfant oubliait au soleil sa poupée de cire, qui fondait. Nous devions en conclure qu'il faut toujours obéir aux parents et à la bonne, comme le faisaient les petites filles modèles, les cousines de Sophie.

   Un peu plus vieilles, nous avons appris à l'école, parmi les règles de l'Enseignement Ménager, comment il faut traiter ses domestiques. Avec douceur et fermeté! Dans ma famille, il y eut une servante, jusqu'à ce que le dernier bébé ne soit plus bébé.  Mais douceur et fermeté? Ma mère étant occupée avec le bébé, c'est Mademoiselle qui régentait nos vies. Il fallait la vouvoyer, alors que nous tutoyions nos parents. Il n'était pas question de lui manquer de respect, elle avait tous les pouvoirs. Comme celui de nous faire poireauter dehors, en plein hiver, quand elle recevait son cavalier.

   Je dois à Mademoiselle mon affection pour les sandwiches aux oeufs. Les dimanches d'été, quand Mademoiselle était en congé et que les parents n'avaient pas le goût de chauffer le poêle à bois, ce qui réchaufferait la cuisine, ma mère préparait des oeufs durs sur le petit réchaud à gaz, et nous mangions des sandwiches aux oeufs. C'est comme si nous faisions un pique-nique. J'aimais bien quand Mademoiselle était en congé!

 

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