-2147467259: Unrecognized input signature. RIAQ - Réseau d'information des aînés du Québec
RIAQ | Réseau d'information des aînés du Québec
Diminuer la policeAgrandir la police



Nous écrire par courriel

leriaq@gmail.com

Partenaires du RIAQ 



Information de base sur ce logiciel gratuit qui permet
de voir l'écran d'une animatrice ou d'un animateur. 
Cliquez ICI.
Pour vous brancher immédiatement,
cliquez ICI.


Services gouvernementaux du fédéral

Portail pour les aînés
Services gouvernementaux du provincial


Portail pour les aînés


 
RIAQ

Pour nous rejoindre:

514-448-0342 ou

1-866-592-9408 sans frais

Courriel: leriaq@gmail.com
Améliorer votre français
Archives du RIAQ
Arts et lettres
Avantages à devenir "MEMBRE du RIAQ"
C'est quoi le RIAQ???
Devenez partenaire du RIAQ
Groupes de discussion
Nécrologie du RIAQ
Oeuvres des membres
Paiements
Services aux membres du RIAQ
 MENU
Accueil
Arnaques des aînés
Astronomie
Banque de liens
Bénévolat pour les aînés
Bizarreries
Blog de...
Blogs et sites personnels
Charte du RIAQ
Création de site web avec le RIAQ
Inscription au RIAQ
Jeux
Librairie gratuite
Mini-conférences
Nos objectifs
Rabais pour les aînés
Réflexion du dimanche par Richard Ratelle
Réflexion du samedi par Richard Ratelle
Rire aux larmes
Travail possible pour les aînés
Un peu de tout - 1
Un peu de tout - 2
 Sites suggérés par le RIAQ
CLAVA Comité lavallois en abus et violence envers les aînés
DIRA-LAVAL
Gastronomie avec Rollande Desbois
Rendez-Vous des Aîné(e)s (Laval)
Retraités flyés
 
Accueil>>Pierrette Paré-Walsh

Quand je vous regarde vivre par Pierrette Paré-Walsh - Photo: Michel Plante

 

Au magasin ...

 

( Photo: Michel Plante)

« Quelle adorable plante! » s'exclame avec admiration la Passante. « Attendez ! dit-elle.  « Je reviens avec mon mari, je veux qu'il la voit ».
Dire que ce vulgaire arbrisseau replié sur son tronc, encore entassé pêle-mêle parmi des dizaines d'autres, aurait passé inaperçu.  Maintenant détaché du peloton, tige libérée, feuillage défroissé, il crâne, altier, au milieu de la place, prenant une envergure telle, à croire qu'il fleurira sous nos yeux ébahis.
 
Du haut de son mètre et quelque…, couronnée d'une peignure aux mèches désordonnées, la Coquette imaginait déjà le feuillu  planté dans son décor. Étant de soie, il n'aurait pas à redouter le soleil ni le manque d'arrosage en cas d'absence prolongée des tourtereaux. 

D'un pas agile, portant à merveille le poids des années, notre Fleuriste à ses heures s'envole, laissant derrière elle l'odeur d'un parfum qui lui ressemble.

Je voudrais lui dire qu'elle est belle. Dans ses yeux couleur de brume, il y a l'émerveillement; dans son sourire, la joie de vivre; dans sa voix, l'enthousiasme.

Puis, réapparaît la Visiteuse. Cette fois, escortée de son Vieux.  Comme elle, il est dans la soixantaine avancée, retraité, libre comme l'air.  Ils sont là. Le Pensionné marche hésitant. Un pas derrière, sa Moitié qui le suit depuis près de cinquante années. 

En me voyant, il retire sa main de la main qui l'avait entraîné jusqu'à moi.  Jusqu'à la plante.  Jusqu'au désir de la Légitime que le temps et l'âge rendent  plus élégante encore.

D'un geste coutumier, elle empoigne de nouveau les doigts libérés du Chevalier servant. Je remarque que les joncs se touchent.

« Regarde comme elle est belle. Comme elle irait bien… »

Avant même d'indiquer l'endroit où elle prendrait racine, la phrase est interrompue. Les doigts se délient, 

« On est pas venu pour ça! » 

« D'accord! mais elle est tellement belle », réplique l'épouse.

« On est pas venu pour ça te dis-je. Tu le sais bien ! »

Le ton est là. La voix est ferme, un tant soit peu autoritaire.
Cela se perçoit. Le sourire n'y est pas.  

Celui de la Sexagénaire s'estompe lentement. Même sérieux, le visage traduit tout de même un certain bonheur.

Qui a dit qu'elle voulait acheter cette plante ?
Tout simplement voulait-elle partager son admiration pour l'exquis bouquet de verdure? Ou mieux, témoigner à son Bien-Aimé l'importance qu'elle met à cajoler leur bonheur. C'était sa façon de dire : « Vois, on peut rêver encore, se faire de petits plaisirs, enjoliver notre nid ».

Il se pourrait que pour la Romantique, la plante soit l'excuse, l'alibi ?
Pour qu'elle retrouve sa mine enjouée, j'aurais voulu lui souffler à l'oreille: « Revenez un autre tantôt.  Ce n'est pas le meilleur moment, votre Vieux est sans doute fatigué…»  
 
Hélàs! les Mains-Vides sont repartis, sans jeter un dernier coup d'œil au feuillu convoité.

Mi-rêveuse, mi-songeuse, jusqu'à ce qu'ils disparaissent,  je les ai suivis des yeux me disant :

« Pour elle comme pour lui, cette histoire de plante est sans conséquence, voire banale. Dans une heure, ce sera déjà du passé.  Déjà oubliée. »

Qui sait ! Un peu plus tard, à l'épicerie, ce sera peut-être au tour de l'Amoureuse de contrarier son Gourmand en replaçant sur la tablette le sac de biscuits au chocolat qu'il avait savoureusement glissé dans le panier.

« Tu sais que le chocolat n'est pas bon pour ton diabète »
dira-t-elle avec autorité, sans remarquer la déception de l'Autre.

Et puis, machinalement, sa main rejoindra la main de tous les jours, pour la reprendre, comme elle a fait tant de fois et ils poursuivront ensemble leur chemin, comme si de rien n'était. 

Pierrette Pare Walsh, membre du RIAQ

 Imprimer Envoyer à un ami Donner votre avis