Ce fut une découverte fantastique de ce mont verdoyant, une des neuf collines montérégiennes, à moins d’une heure de la métropole surchauffée en cette journée caniculaire. Tout au long cette marche énergisante, nous respirions l’air pur et nos yeux ne finissaient plus d’être ravis par cette forêt hospitalière. Le superbe lac Hertel nous attendait pour nous révéler sa splendeur et nous offrir une aire pour nous rassasier. Des dizaines de routiers de la montagne, y faisait halte pour prendre un frugal repas. Formé il y près de 10 000 ans, rien de moins mes amis, le lac Hertel résulte selon les grands experts de l’action des glaciers qui recouvraient la montagne. Situé au centre du mont, il fait 0,3 kilomètre carré. Il y a trois ruisseaux qui drainent ce superbe lac qui nous invite à la rencontre de la vie qui bat dans cet oasis naturel. Et ce fut comme il se doit, la séance de photos souvenir avec ses mots plein d’humour et ses gestes inédits. Mémorable!
La montagne, du nom d’Hilaire de Poitiers, fait partie de l’aire centrale de la biosphère du Mont-Saint-Hilaire qui a été désignée en 1978. D’une superficie de 10 kilomètres carrés, on y trouve sur cette superbe montagne, en plus du lac Hertel, près de 300 minéraux dont 16 sont exclusifs à la région. Sur le plan de la faune, on y compte pas moins de 1000 espèces d’invertébrés, 200 espèces d’oiseaux, 42 espèces de mammifères, 12 espèces d’amphibiens, 8 espèces de poissons. Un espace naturel riche et diversifié. En 1952, le mont Saint-Hilaire a été désigné « Sanctuaire d’oiseaux » et en 1960 « refuges d’oiseaux migrateurs ». Parmi les plus connus figurent le pic mineur, le pic chevelu, la mésange, la gélinotte huppée, la passerine indigo, la bernache, le canard colvert et bien d’autres. Pour de nombreux ornithologues, cette montagne à l’allure fière est un rendez-vous unique pour les amateurs de grand air, surtout lorsque les oies du Canada y font escale.
Pendant cette marche bucolique, comment ne pas réfléchir à l’avenir menacé de notre planète Terre? La Journée internationale de la biodiversité, célébrée samedi dernier, nous faisait prendre conscience tout au long de ces magnifiques sentiers boisés et bien balisés, combien malgré les efforts de protection et de conservation de l’environnement, des pertes croissantes de la biodiversité. Oui, notre marche faisait monter en nous les horreurs de cette marée noire qui ne finit plus d’envahir les rivages américains et de détruire faune et flore. Catastrophe sans précédent par une entreprise aux profits exorbitants. En ces temps de marée noire, n’est-il pas tant d’affirmer haut et fort : « Assez, c’est assez! »? Il y a des mesures restrictives, voire intransigeantes même, qu’il faut implanter pour sauver ce qui reste de notre environnement.
La biodiversité, c’est tout ce qui englobe les différentes formes de vie, mais aussi de diversité génétique. En fait, ce concept représente l’ensemble des espèces vivantes sur la Terre (plantes, animaux, micro-organismes, etc.), les communautés formées par ces espèces et les habitats dans lesquels ils vivent et évoluent. On y retrouve trois niveaux dans ce concept : diversité génétique au sein des espèces, diversité des espèces faisant référence à la variété des différentes espèces, diversité des écosystèmes. De nombreux spécialistes de par le monde montent sans cesse aux barricades pour alerter les dirigeants et la population sur l’échec lamentable de la perte de la biodiversité. C’est la survie de l’être humain qui en dépend. Il est tant d’agir avec vigueur.
L’ampleur de la problématique environnementale ne semble pas convaincre les BP de ce monde. Notre environnement ne peut plus accepter de tels déversements pétroliers de richissimes compagnies. Cette catastrophe écologique, sans précédent, poursuit sa route en laissant une couche visqueuse sur plantes, animaux et bottes des travailleurs qui essaient de freiner et minimiser les conséquences de cette marée noire dans le golfe du Mexique. Après plus d’un mois, 492 millions de litres se seraient écoulés. L’imposante nappe de pétrole envahit maintenant les côtes de la Louisiane; même les bayous voient cette marée visqueuse porter atteinte à la fragilité de ses marais. Un peu partout, la colère gronde, mais les autorités semblent aussi impuissantes que les dirigeants de la pétrolière à colmater fuite, désastre et rage.
Imaginez, depuis plus d’un mois, 5000 barils de pétrole continuent de s’écouler dans le golfe du Mexique, tuant tout sur son passage. Il n’y a pas de mot pour décrire cette catastrophe qui dépasse largement les images médiatisées d’un animal couvert de pétrole. Les dommages collatéraux sont très nombreux. En escaladant dimanche deux des quatre sommets du mont St-Hilaire, le Pain de sucre et Dieppe, nous étions émerveillés de la vue spectaculaire que nous offraient ces belvédères naturels et exceptionnels. L’horizon que livraient ces observatoires naturels faisait monter en nous des sentiments d’émerveillement, de liberté et de fierté. Nous étions presque prêts pour un envol dans ce grand espace bleu azur, cet infini inexploré.
Comment ne pas exulter de joie devant ces merveilles de la nature? Comment ne pas s’interroger sur l’origine de la vie? Comment ne pas rendre grâce à l’Auteur de ce monde fantastique? Du haut de ses 415 mètres d’altitude, le mont Saint-Hilaire est un témoin vivant de la beauté de ce monde. Comme une inlassable marée dont la vague laisse sur la grève des traces de faits, de noms, d’événements trop vite effacés par la vague suivante, cette rencontre au sommet laisse par contre en nous, explorateurs d’un jour, des traces qui, elles, seront indélébiles, imprégnées à jamais dans notre conscience et notre engagement solidaire.