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Le magicien de la machine à écrire
C’était le grand jour. Les Frères du Sacré-Cœur de Beauceville invitaient les élèves de la 8e année à se présenter au concours des 40 mots à la minute à la machine à écrire. A l’heure dite, nous étions assis fébriles, les mains moites devant notre Underwood et n’attendions plus que le signal du Frère surveillant, qui avait les yeux rivés sur sa montre. Départ! On n’entendit plus alors que le martèlement bruyant des touches frappant le papier. Puis, arrêt brusque : la partie était jouée. Lentement, le Frère annonçait les résultats.

Deux ou trois des meilleurs élèves avaient même dépassé la cible pour atteindre 42 ou 43 trois mots à la minute. Nombre d’entre nous avaient tout juste réussi, alors que les derniers du peloton demeuraient assis piteux sur leur chaise. Nos champions fanfaronnaient dans les corridors, mais leur gloire fut de courte durée. Deux jours plus tard, des élèves de 10e année nous toisaient avec arrogance en nous apprenant preuves à l’appui que plus du tiers de leur classe avaient réussi le test du 60 mots à la minute, et que même deux d’entre eux avaient établi un nouveau record pour le collège avec une marque de 63 mots à la minute. Même si l’ordinateur a mis la machine au rancart, les mordus de la vitesse n’avaient pas dit leur dernier mot. Ainsi, en 1985, une Américaine, Barbara Blackburn, faisait crépiter l’engin à 150 mots à la minute, atteignait ensuite un pic de 170 mots, et record inégalé jusqu’à maintenant, s’est même offerte un bref instant un incroyable 205 mots à la minute. Si vous êtes collectionneur de machines à écrire, ou mécascriptophile pour faire plus savant,  envolez-vous vers Lausanne où le Musée de la machine à écrire vous en mettra plein la vue avec plus de 500 différents modèles.

Pourtant, ces statistiques triomphantes s’estompent rapidement à l’évocation de Martin Tyrell, bricoleur et inventeur de génie, qui s’imposa pendant plus de 60 ans, comme maître incontesté de la réparation, de la restauration et de la reconstruction des machines à écrire.

Jeune garçon, il avait travaillé  dans une quincaillerie, et ne se séparait jamais de son tournevis. Élève au secondaire, il s’était porté volontaire pour répondre au téléphone dans un bureau voisin. Avisant une Underwood, il ne résista pas à l’envie de la démonter. Heureusement, le réparateur chargé de l’entretien des machines à écrire dans ce bureau, arrivé sur-le-champ, lui donna sa première leçon. Il l’avait si bien apprise, qu’avant même la fin de ses études secondaires, on lui avait confié l’entretien des machines à écrire du Columbia-Presbyterian Hospital. Il avait ensuite poursuivi ses études le soir et obtenu un baccalauréat et un MBA.

Alors que durant la Deuxième Guerre mondiale, les machines à écrire étaient rationnées aux États-Unis, le gouvernement avait saisi une cargaison de ces précieuses machines en contrebande. Par l’entremise du Strategic Office Services, de nos jours connu sous le nom de CIA, le gouvernement américain avait alors demandé à Tyrell de convertir ces machines. Il avait brillamment relevé le défi en adaptant ces machines à 17 différents caractères qui furent ensuite parachutées sur le front des hostilités et furent utilisées à des fins d’espionnage.

Au cours de sa longue carrière, il a reproduit plusieurs douzaines d’alphabets pour 145 langues et dialectes différents, notamment le farsi, le serbo-croate, le copte, le grec ancien et moderne et le sanscrit, et tenait dans son magasin plus de 2 millions de caractères différents.

Il n’hésitait pas à relever les défis les plus insolites. Ainsi, un conservateur de musée lui demanda de fabriquer une machine à écrire pour hiéroglyphes, un autre des notes de musique, de même que des machines adaptées pour les amputés. Il avait même construit un chariot inversé à direction droite- gauche afin de permettre l’emploi de l’hébreu et de l’arabe qui s’écrivent de cette manière. Excédée d’écrire constamment des lettres, d’invitation, l’épouse du président Eisenhower lui avait demandé de fabriquer une machine avec caractères cursifs (écriture à main courante) pour alléger sa tâche.

Tyrell allait connaître la notoriété au cours des années 50, marquées par la chasse aux sorcières, c’est-à-dire aux communistes et à ceux présumés comme tels. Lors du célèbre procès d’Alger Hiss, ce dernier, fonctionnaire du Secrétariat d’État, fut accusé par Whittaker Chambers, un agent communiste, de lui avoir fourni des renseignements secrets, Selon la poursuite, les documents en question avaient été tapés sur la machine à écrire de Priscilla, épouse de Hiss. Au cours du procès, Hiss s’était écrié qu’il s’agissait d’un faux exécuté à l’aide d’une machine à écrire. Pour prouver que contrairement aux empreintes digitales, il était possible de reproduire en tous points une machine à écrire, y compris ses imperfections, les avocats de Hiss avaient confié cette tâche à Tyrell qui y consacra deux ans de travail, Résultat : une copie absolument conforme à la pièce à conviction exhibée au tribunal, et que les experts avaient été incapables de différencier .. Même si cet élément ne fut pas accepté par le tribunal, et après quelques années en prison, Hiss fut acquitté. Or, le doute au sujet de sa culpabilité est toujours demeuré.

Il est ironique de penser que malgré une mémoire prodigieuse, Tyrell avait contracté la maladie d’Alzheimer quelques années avant sa mort à 94 ans en 2008.

Même si l’on peut croire qu’il a vécu à l’aise, son génie créateur et son inventivité auraient dû lui valoir une consécration pour services rendus à son pays, que l’on préfère réserver à nos pseudo élites en chemises blanches qui réussissent à amasser des fortunes même durant la pire crise économique depuis 1929, ou encore à nos « pousseux » de rondelle qui se la coulent douce avec quelques millions de dollars par année.