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Madame de Stael, une femme éprise de gloire (1766-1817)
Au cours d’une  brève existence qui s’acheva à 51 ans, Germaine Necker, connue sous le nom de Madame de Stael, intervint sur la scène politique durant les jours sombres de la Révolution, se posa en adversaire obstinée de Napoléon, tout en l’admirant, fut une écrivaine et correspondancière prolifique, une grande voyageuse devant l’Éternel, amante passionnée, fougueuse et tragique, et exilée durant la majeure partie de sa vie active. Elle fut sans contredit la femme la plus admirée, la plus contestée, la plus critiquée, et en raison de son tempérament impétueux et tyrannique, l’une des figures emblématiques du romantisme et de son époque.

Le père, Jacques Necker avait fait ses premières armes dans les banques. Jeune encore, il avait réussi une opération risquée à l’insu de ses supérieurs, qui s’était traduite par un mirobolant profit de 500 000 livres. Cet exploit lui avait valu de devenir associé d’une importante banque. Par on ne sait trop quel moyen, il avait été mis au courant de la fin de la guerre de Sept Ans, bien avant tout le monde, ce qui lui avait permis de réussir une spéculation sur le prix des céréales et d’accroître considérablement sa fortune. Vers la fin du règne de Louis XV, il avait prêté d’importantes sommes au Trésor royal.

A deux reprises, il sera appelé à remettre de l’ordre dans les finances du royaume, mais devra démissionner en 1790 en raison des pressions de l’Assemblée nationale réclamant son départ. Malgré son travail admirable durant ses mandats, il n’a jamais été officiellement nommé ministre du fait qu’il était genevois et n’avait pas la citoyenneté française. Madame Necker s’est révélée une précieuse collaboratrice pour son époux, mais son titre de gloire est incontestablement le grand salon littéraire où elle accueillait des personnalités illustres comme le naturaliste Buffon, Grimm, Bernardin de St-Pierre , Diderot, d’Alembert et  Madame du Deffand. Rappelons que Madame Necker avait été courtisée durant sa jeunesse par Edward Gibbon, à qui l’on doit l’ouvrage monumental « Histoire de la décadence et de la chute de l’empire romain ». Les journaux étant rares à l’époque, ces savants et ces écrivains pouvaient ainsi propager des idées nouvelles, et pour certains d’entre eux peu argentés, y trouver gîte et couvert. Éduquée par sa mère, Germaine, douée d’une intelligence prodigieuse, avait su tirer parti des précieux enseignements de ces intellectuels de première force dont les écrits allaient exercer une influence grandissante sur l’esprit de la Révolution française. Elle avait appris le latin et l’anglais, fait peu fréquent à l’époque. Habituée dès son jeune âge aux conversations philosophiques, elle se tirait bien d’affaire en compagnie de gens beaucoup plus âgés qu’elle.

Lorsque vint le moment de la marier, une difficulté de taille se posait. Protestante et genevoise, elle pouvait difficilement épouser un catholique français de son rang. Décidément, on aimait les Anglais dans la famille. William Pitt, qui devait devenir premier ministre de l’Angleterre à 24 ans, avait été pressenti, mais le projet avorta. La reine Marie-Antoinette avait alors proposé le nom du baron de Stael, voulant se réserver Axel de Fersen que l’on disant son amant. Signalons que Fersen connut une fin horrible, car il fut lapidé en Suède, à la sortie d’une église. Ce mariage de convenance entre une jeune fille de 20 ans et ce diplomate suédois de 37 ans qui allait se révéler un arriviste, un joueur et un débauché dont elle devrait fréquemment payer les dettes, ne devait pas durer, mais pour diverses raisons, traîna en longueur. Mais, de son côté, le coeur de Germaine ne restait pas en chômage. Elle s’était follement éprise du comte de Narbonne, dont elle avait favorisé la carrière, et qui avait été brièvement ministre sous Louis XV1. Au cours de la tourmente révolutionnaire qui menaçait les nobles, Narbonne avait dû fuir en Angleterre où Madame de Stael l’avait rejoint. Elle y avait retrouvé des compatriotes connus, notamment Talleyrand et Chateaubriand. Cet épisode amoureux allait être suivi de bien d’autres, mais la liaison amoureuse et intellectuelle de Germaine avec Benjamin Constant, que l’on pourrait qualifier d’inconstant, et qui s’est étalée sur quinze ans, aura teinté toute son existence. Sa passion dévorante, ses escarmouches colériques avec Benjamin, la duplicité et la veulerie de son amant qui profitait financièrement de Germaine et n’hésitait pas à la tromper et une volumineuse correspondance entre des amants souvent déchirés, font de Madame de Stael, un personnage sans doute plus célèbre pour son tempérament volcanique, sa passion invétérée pour les intrigues politiques et son insatiable envie de plaire à tout prix et de marquer son époque, que pour tous les ouvrages qu’elle a publiés, et dont la plupart sont tombés dans l’oubli le plus complet.

Napoléon, personnage légendaire sera au coeur des ambitions politiques de Madame de Stael. Elle voulait se voir comme son égérie, une sorte d’alter ego qui aurait pu le seconder et le conseiller dans tous ses projets. Malheureusement, Bonaparte devenu Napoléon, ne l’entendait pas ainsi. Elle essayait de l’influencer en lui envoyant ses livres, mais il ne mordait pas à l’hameçon, car les femmes dans la politique le hérissaient, et il n’aimait pas le ton polémique de ses écrits. Comme elle n’était pas française, il lui interdisait de venir à Paris, et selon la gravité des reproches qu’il lui adressait, elle devait se tenir éloignée de la capitale d’une distance de 10, 20, 30 et 40 lieues, mais cette frondeuse tentait fort souvent de contourner la consigne. Le sentiment de haine et d’admiration qu’elle vouait à la fois à Napoléon, ne l’empêcha pas toutefois de lui rendre un fier service. Alors que l’empereur se trouvait prisonnier à l’île d’Elbe, Madame de Stael eut vent d’un complot en vue de l’assassiner. Elle en informa aussitôt Joseph, le frère aîné de Napoléon qui prit les mesures nécessaires pour prévenir Napoléon de ce danger. Un jour Madame de Stael avait forcé la porte de Napoléon. Le domestique effaré l’informa que Napoléon prenait un bain. Sans plus tarder, elle pénétra dans la pièce en s’écriant :  «  Le génie n’a pas de sexe ». Le roi Joseph, frère de Napoléon, était un grand ami de Madame de Stael qui recourait à ses services pour approcher Napoléon. Rappelons que Joseph avait épousé Julie Clary dont la soeur Désirée avait été fiancée à Bonaparte, mais ce dernier avait finalement arrêté son choix sur Joséphine. Puis Désirée épousa Bernadotte et devint reine de Suède.

 Un autre rêve politique de Germaine allait demeurer sans lendemain. Alors que l’étoile de Napoléon semblait vouloir pâlir, celle du général Bernadotte grimpait en flèche, et suite à quelques échecs militaires de Napoléon, le nom du général commençait à circuler comme futur roi de France. Bien sûr, Germaine était du complot, mais finalement les Suédois offrirent la couronne de leur pays à Bernadotte qui s’empressa d’accepter, et qui dans son pays d’adoption, devint un adversaire résolu de Napoléon. 

Voyageuse infatigable à une époque où les routes étaient cahoteuses et infestées de brigands, elle avait effectué de longs voyages en Allemagne, en Italie, en Suède et même jusqu’en Russie, où elle s’était permise de conseiller le tzar Alexandre 1er, vainqueur de Napoléon, et de l’entretenir de ses projets sur l’avenir de l’Europe.

On pourrait passer des jours à lire son énorme correspondance qui s’étale sur plusieurs milliers de pages et dont les destinataires figurent parmi les plus illustres noms de son temps. Elle a laissé plusieurs ouvrages dont De l’Allemagne, ouvrage ou elle tente de faire connaître ce pays aux Français. Il ne faut pas oublier que durant cette époque mouvementée, plus de la moitié des Français étaient incapables de signer leur nom.

Contrainte par l’inflexibilité de Napoléon à son égard de séjourner beaucoup plus souvent qu’elle ne l’aurait voulu dans son splendide château de Coppet, Madame de Stael y logeait fréquemment une cinquantaine d’invités, et vers 7 heures le soir, une trentaine de convives partageaient un souper qui pouvait s’éterniser jusqu’aux petites heures du matin, et qu’ils poursuivaient tard dans la nuit en se rendant mutuellement visite dans les nombreuses chambres. Un coup d’oeil sur ce château pourrait vous donner une envie irrésistible de vous rendre en Suisse. http://www.swisscastles.ch/Vaud/coppet/ Elle y accueillait souvent sa meilleure amie, Julie Récamier, considérée comme la plus belle de France. Peu avant sa mort, elle prévoyait se rendre aux États-Unis où elle y possédait de nombreuses propriétés.

Singulière famille : Réunie à son père et à sa mère, elle fut enterrée dans une cuve de marbre remplie d’esprit de vin dans un souci de conservation des corps, et depuis que les scellés ont été brisés en juillet 1817,  la crypte est ,demeurée fermée.

Benjamin Constant qui l’a si bien connu disait d’elle : «  Si elle avait su se gouverner, elle aurait gouverné le monde ».

  • Ghislain de Diesbach, Madame de Stael,
  • Christopher Herold, Germaine Necker de Stael, Plon