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« L'ange bleu », par Guy Loubier
Les banquettes célestes étaient remplies : seule, la place de l’ange Infatigable était vide. Parti, l’aube à peine levée¸ il était le messager des personnes anonymes, de ces petites gens dont nul ne retrace l’histoire. Doté d’une ubiquité multiple, et la pensée pour moteur, il survolait la planète et pouvait au même moment se trouver à plusieurs endroits à la fois. Ses yeux, tels de petits phares lumineux, trouaient l’obscurité, de sorte que rien de ce qui était humain, ne pouvait lui échapper.

Ce matin-là, il dominait les rues étroites du Vieux-Montréal Son regard s’était posé sur un vieillard chenu dont la démarche hésitante s’appuyait lourdement sur une canne. Puis un petit drame survint : le pied du vieil homme avait heurté une pierre. Chancelant sous le choc, il avait échappé sa canne qui dévalait une pente rapide, et qui s’éloignait de plus en plus de son regard. Éberlué, ne sachant que faire, il tournait les yeux de tous côtés, incapable de prendre un parti, Finalement, il reprit ses sens, et se remit à marcher en claudiquant de façon encore plus prononcée. Les yeux mi-clos, distinguant mal les aspérités du trottoir, il n’avait pas attendu les pas qui s’avançaient vers lui. C’était un petit garçon d’environ six ans, au franc sourire. « Bonjour Monsieur! Heureusement que je vous ai trouvé! J’ai aperçu votre canne qui roulait et je cherchais partout à qui elle pouvait bien appartenir » Le vieillard se répandit en effusions, et reprit sa route plus allègrement. L’ange bleu avait accompli un de ces petits gestes dont il était familier, et qui, pour un bref moment, vient agrémenter l’existence de personnes dont le bonheur n’est pas une denrée quotidienne.

Puis, au hasard de son caprice, l’ange s’était dirigé vers le quartier des affaires. Son regard suivait distraitement un homme dans la jeune cinquantaine, bien vêtu et avec un porte-document à la main. L’allure pressée du monsieur, et plus encore les rides profondes qui zébraient son front, laissaient croire à notre ange qu’il mijotait quelque chose. Plongé dans ses pensées, il avait heurté durement une vielle et frêle femme qui s’était affaissée sur le sol. L’aidant à se relever, il n’avait pu s’empêcher de lui adresser quelques mots vifs. Pour toute réponse, elle l’avait regardé de ses yeux dans lesquels se recélait toute la bonté du monde. Confus et mal à l’aise, il avait extirpé maladroitement son portefeuille de la poche, et lui tendit un billet, puis un deuxième et un troisième. Mû par une générosité qui lui était étrangère, il vida son portefeuille dans les mains de la vieille qui n’en croyait pas ses yeux. Toutefois, en homme avisé, il avait conservé ses cartes de crédit. Les regardant s’éloigner dans des directions opposées, notre ange, heureux d’avoir déclenché cette bonne action, aurait bien aimé savoir laquelle de ces personnes était la plus heureuse. Donner impose des sacrifices, mais à voir cet élégant personnage, arborant un large sourire et un visage détendu, la réponse s’imposait d’elle-même. L’ange quitta les lieux d’un vol encore plus léger.

Il lui restait encore une dernière visite à faire, celle des quartiers mal famés où se jouaient de petits drames discrets. C’était un froid matin d’hiver. Une vielle dame traînait péniblement un sac qui paraissait lourd et qui affleurait souvent le sol, tant la main de la passante peinait à le retenir. Puis, au détour d’une rue, surgit un molosse aux crocs retroussés et aux naseaux mugissants, Il courait à toute allure vers la vielle terrorisée et figée sur place. Par un puissant coup de rein, il s’immobilisa soudainement. Penchant la tête, il réchauffait les pieds roidis de la vieille qu’avait gelés la bise glaciale. Levant la tête, l’énorme chien leva les yeux et regarda la vieille intensément. On aurait dit alors que l’humanité et l’animalité s’étaient rejoints pour partager une parcelle de vie. Le chien ajustant son rythme à celui de sa compagne, l’escorta pendant quelque temps, pour ensuite disparaître au détour d’une rue.

Il était temps pour l’ange de regagner ses pénates. Incapable de joindre les mains, pour exprimer son allégresse, il s’envola  pour les cieux dans un joyeux  bruissement d’ailes.