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Guy Loubier - La mort de Monsieur Nobody
C’était un homme dans la soixantaine, mince, les cheveux gris et des yeux bleus ineffables de douceur. Depuis une bonne trentaine d’années, il arpentait constamment le secteur est de la rue Ste-Catherine, tendait la main discrètement, et aux dires des innombrables personnes qui l’avaient croisé, même si de nombreux passants ne lui offraient même pas l’aumône d’un regard, l’homme ne manifestait jamais de colère, de dépit et remerciait poliment tout autant ceux qui lui donnaient que ceux qui l’insultaient. Il avait une petite manie : il empruntait toujours le côté droit de la rue.

22 juillet 2011 – À une heure d’affluence, à 14 h¸ coin Ste-Catherine et St. Denis. Soudainement, on entend des cris et des coups. Trois voyous viennent de tabasser ce sans-abri qui gît inerte sur le sol dans une mare de sang. Frappé à répétition dans l’aine et le bas-ventre, les coups, par miracle, ont épargné le visage de la victime dont les lèvres laissent entrevoir encore un étrange sourire. L’homme pressentait-il sa mort ou la désirait-il?  Désormais, il était trop tard pour répondre à cette question.

Transporté à la morgue, personne n’avait pu formellement identifier le cadavre, et même après avoir interrogé de multiples témoins et passants susceptibles de lui avoir adresssé la parole, le nom et le prénom de ce mort demeuraient inconnus.

La mort de ce sans-nom était vite venue aux oreilles du maire Gérald Tremblay. Dans un éclair de génie dont il n’était pas particulièrement généreux, il avait fait fabriquer une stèle de granit à hauteur d’homme, qu’il avait fait installer dans la nuit sur le lieu même où s’était déroulé le drame. Sur la stèle  étaient gravés ces mots : Monsieur Sans-Nom Mr Nobody - 22 juillet 2011. Pour ajouter un brin de réalisme, on pouvait y voir ça et là du sang séché rappelant cette macabre histoire. Une autre idée lumineuse lui était venue : sans plus tarder, il décréta des funérailles civiques qui auraient lieu à la cathédrale Notre-Dame. Offrir à un anonyme un service funèbre dans la plus somptueuse église de Montréal ajouterait sûrement à  la renommée de la métropole.

Pour leur part, les autorités ecclésiastiques n’allaient pas rater une telle occasion de se mettre en valeur. Elles finirent  par dénicher un prêtre à la réputation douteuse qui travaillait parmi les sans-abris et lui demandèrent d’officier à la cérémonie funèbre. Elles avaient prévu tout un cérémonial destiné à raviver la foi des plus incrédules.  Mais le sans-abri ecclésiastique était coriace et ne voulait rien entendre. Il voulait diriger la cérémonie dans le plus simple décorum, et pour s’assurer de sa présence, elles se virent contraintes  de lui promettre que l’église serait dépouillée de tout ornement.  

Le lendemain à 10 h, la cathédrale était bondée, le jubé également et la foule massée sur le parvis rappelait l’époque révolue où les villageois s’interpellaient pour apprendre les nouvelles de la semaine.

Le cercueil porté par six sans-abris s’avançait dans l’allée centrale dans le plus grand silence. Tout aussi dépenaillé qu’à l’habitude, l’officiant n’avait qu’une modeste croix au cou  pouvant rappeler à l’assistance qu’il était bel et bien un croyant.

Après un bref instant de recueillement devant le cercueil, il répéta trois fois et à voix très forte cet extrait des Béatitudes :

« Bienheureux ceux qui ont une âme de pauvre car le Royaume des cieux est à eux »

Dans cette immense nef, les paroles se répercutaient sur les murs un peu comme si on reprenait en cœur un même chant. Au grand étonnement de l’assistance, il n’y avait pas eu de quête et la cérémonie était terminée

A la sortie de la cathédrale, par un effet d’entraînement inexplicable, tous suivirent le corbillard. Arrivé à la Maison du Père, le cercueil fut brièvement déposé dans une grande salle où l’on retrouvait bon nombre des sans-abris de Montréal. A la sortie de l’édifice, deux gros pots à fleur recueillaient  les aumônes particulièrement généreuses de la foule. Certaines personnes y avaient même laissé des bijoux et des vêtements.

Le lendemain, dimanche La Presse titrait en grosses lettres : L’humanité est de retour!  Pour combien de temps?

Le lendemain, tout le monde était retourné à ses petites affaires.