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Guy Loubier - Thérapie sans thérapeute : est-ce possible ?
Une femme connue sous le pseudonyme Anna O aurait été la première personne à être psychanalysée pour des troubles d’hystérie en 1885. On estime que son médecin Joseph Breuer aurait parlé plus de 1 000 heures avec sa patiente à un coût astronomique, si la somme en cause est convertie en chiffres d’aujourd’hui.

Mais on a fait beaucoup de progrès depuis lors.  Une thérapie que l’on pourrait qualifier de modification du biais cognitif consiste en séances d’une heure d’une durée totale de 12 à 16 heures, et constitue un moyen raisonnablement efficace de traiter des conditions comme la dépression et l’anxiété.  Toutefois, même si les médicaments peuvent apporter de rapides progrès, tous les patients ne veulent pas exposer leurs problèmes intimes ou accepter de prendre des médicaments susceptibles d’avoir des effets sur leur cerveau.

Un nouveau traitement dit modification du biais cognitif est susceptible de donner de bons résultats après quelques séances de 15 minutes. Ce traitement ne comporte ni médication, ni épanchement de sentiments, et ni thérapeute.

Le patient n’a qu’à s’asseoir devant un ordinateur et à utiliser un programme qui modifie subtilement les modes de pensées négatives.

Cette approche relativement simple a été déjà utilisée pour l’anxiété et les dépendances, et est en voie d’être testée pour l’alcoolisme.

Cette thérapie se fonde sur la prémisse que de nombreux problèmes psychologiques sont causés par des biais automatiques et inconscients de la pensée. Ainsi, des personnes peuvent avoir un biais d’attention pour les menaces; elles peuvent se sentir attirées de façon irrésistible sur des choses qu’elles perçoivent menaçantes. Des biais semblables peuvent aussi affecter la mémoire et l’interprétation des événements.

Le but de cette thérapie est de modifier ces biais, travail qui s’est révélé étonnamment facile. Pour ce faire, on inscrit deux mots ou on affiche  deux images sur l’écran d’un ordinateur indiquant un état d’indifférence ou de dégoût.   Dans le cas de l’anxiété, il peut s’agir d’un visage impersonnel ou dégoûté. Face à un tel choix, la personne anxieuse centre instinctivement son attention sur le visage dégoûté. Toutefois, le programme l’incite à compléter des tâches impliquant l’image indifférente, comme par exemple amener la personne à  identifier des lettres qui se substituent à l’image sur l’écran.

Lors d’une étude récente sur l’anxiété sociale de la Florida State University à laquelle participaient 36 volontaires diagnostiqués pour des problèmes d’anxiété, la moitié d’entre eux ont participé à huit brèves sessions de modification du biais cognitif (MBC) alors que le reste faisait partie d’un groupe de contrôle et n’avait reçu aucun traitement. A la fin de l’étude, la majorité des volontaires au traitement MBC n’apparaissait plus anxieux, alors que dans le groupe de contrôle, 11% seulement des volontaires s’étaient débarrassés de leur anxiété.

Même s’il s’agit de tests de petite taille, les résultats obtenus se comparent favorablement à ceux des traitements existants. Un examen de la thérapie traditionnelle effectué en 2004, montre que la moitié des patients en cause ont noté une diminution cliniquement appréciable  de leurs symptômes et que des essais de médicaments ont connu des taux de succès semblables.

Des études de plus vaste envergure ont été entreprises depuis lors, et pour en savoir davantage, cliquer Cognitive-biais modification dans Google.

Source : The Economist