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Cyrille Felteau n'est plus!
 
La Presse du 3 février 2005 nous a annoncé le décès de Cyrille Felteau...
 

Cet ancien journaliste de La Presse s'est illustré pendant de nombreuses années dans un style remarquable, respectant la rigueur et la richesse de notre langue.  L'article a souligné entre autres ses qualités de conteur, comme dans son livre Ti-Boule, accessible sur le site du RIAQ. Historien à ses heures, Cyrille Felteau a réalisé une histoire du journal La Presse, pour en fêter le 100e anniversaire, en 1984.  Ces derniers temps, le journaliste confiait au Journal du Bel Âge quelques tranches de vie.. (Jean-Maurice Lamy du RIAQ).

Rappelons que Cyrille Felteau était encore récemment membre de notre liste de diffusion interactive  RIAQ-FORUM.  De plus, il avait ses propres forums (voir «Mystères et merveilles de la langue française»  et «Souvenirs»)  sur lesquels il nous a laissé plusieurs textes.

Il y a un peu plus de deux ans de cela, je reçois un appel téléphonique: monsieur Felteau désirait des notions d'Internet. Il avait alors près de 85 ans. Je me présente chez lui et je m'aperçois qu'il utilise un ordinateur archaïque, d'une lenteur incroyable!  Mais, Cyrille Felteau était un homme patient. Il apprend les bases et après quelques mois, j'arrive à le convaincre de s'équiper avec un véritable bolide pour naviguer agréablement sur Internet.

À ce moment-là, il écrit encore des textes, mais sur son dactylo électrique encore tout neuf. J'arrive à le convaincre d'utiliser son ordinateur et il y prend goût, comme on l'a vu précédemment. 

Mais il ne peut accepter un texte mal présenté et encore moins avec des fautes d'orthographe; il a la critique acerbe... et doit se retirer de l'une des listes du RIAQ. Plus prudent, il continue à participer aux échanges RIAQ-FORUM même s'il n'écrit pas souvent. Il est bien trop occupé à naviguer sur Internet et à composer des textes et avoir le plaisir de les voir  imprimés dans un journal; pour lui, c'est une jouissance sublime.

Chaque mois, je le rencontrais, depuis presque deux ans, pour faire la mise à jour de son ordinateur. On jasait de ses projets et de ce qui lui faisait encore profiter de la vie. Mais à chaque mois, le voyage entre son fauteuil et sa chaise d'ordinateur semblait un peu plus pénible; il se déplaçait très difficilement avec sa marchette, mais il y arrivait.

Depuis près d'un an, il avait appris à écouter de la musique classique à partir d'Internet, tout en «travaillant» à l'ordinateur.  À la suite de ses navigations sur Internet, il revisitait virtuellement  les musées qu'il avait physiquement arpentés lors de ses nombreux voyages en Europe ou ailleurs. Il avait appris à imprimer les toiles des grands maîtres pour en tapisser sa grande chambre et ainsi s'entourer de beauté.  Parmi ses projets, il était en train de se familiariser avec la téléphonie Internet SKYPE et justement nous avions un rendez-vous au début de février pour ajuster certains détails. Il se préparait à faire une conférence à un groupe en direct pour avril prochain tout en restant dans son fauteuil. Dame Nature est malheureusement venue le chercher avant.

On vous fait nos adieux, monsieur Felteau!  Pour vous honorer, nous vous laissons la plume que vous saviez si bien manier et nous prenons quelques secondes pour vous lire:

CYRILLE FELTEAU

L'auteur  a été journaliste à La Presse pendant 20 ans et a pris sa retraite en 1982.

PARVENU AU crépuscule de ma vie, à l'âge où l'on a beaucoup de temps pour penser — même un peu trop, parfois — je réfléchis souvent au rôle important, décisif, capital, qu'a joué ma famille dans ma longue existence (je suis octogénaire, hélas ! mais pourquoi le cacher ?).

Cadet d'une famille de huit enfants (cinq filles, trois garçons), j'ai eu la chance de pouvoir compter sur l'aide de trois de mes sœurs aînées qui, à l'aube de mes 15 ans, m'ont donné ce que l'on pourrait appeler un fameux « coup de pouce». Dans leur appartement de la Haute-Ville, à Québec, elles m'ont hébergé à titre absolument gratuit pendant une bonne dizaine d'années, soit le temps requis pour compléter mon cours primaire et parfaire mes études secondaires et universitaires à l'École du père Lévesque.

Mon père, modeste maître de poste dans un village de la région de Québec, n'avait certes pas les moyens de me payer une pension en ville pendant tant d'années. Mes sœurs y ont suppléé pendant une période cruciale pour moi. C'est pourquoi,par la suite, il m'est souvent arrivé de dire sur un ton ironique, avec un sourire en coin, que j'étais, d'une certaine façon, « l'enfant de mes sœurs ». Et en m'exprimant ainsi, je n'exagérais pas tellement. Mais comment évaluer un tel « service » ? Tâche difficile, parce que ces choses, en réalité, n'ont pas de prix.

C'est souvent quand un bien précieux nous manque tout à coup, qu'on commence à l'apprécier à sa juste valeur. Inutile de dire que maintenant, dans ma vieillesse forcément solitaire, je pense souvent àtous mes frères et sœurs disparus. Hélas! j'ai atteint, bien malgré moi, un âge dit « avancé », celui où le vide commence à s'étendre autour des aînés, de sorte qu'à un certain moment on ne peut plus trouver personne avec qui parler.

C'est ce qu'on appelle la solitude ou l'isolement des vieillards, qui mène tout droit à la déprime, voire à la dépression et dans certains cas tragiques, au suicide: par exemple, celui du grand Ernest Hemingway, qui accomplit ce geste funeste alors qu'il était à peine entré dans la soixantaine.

Il importe, à coup sûr, de réagir de toutes ses forces contre cette tendance fatale en se tenant l'esprit occupé et en se distrayant de mille et une façons, par exemple, en pianotant sur le clavier de son ordinateur, merveilleuse machine qui, dans votre chambre, met le monde à vos pieds, pour ainsi dire, à portée de la main. Cette invention géniale peut avoir des effets contradictoires, dit-on; soit augmenter les divorces, ou au contraire, réduire de façon radicale les suicides de vieillards.  Ilest évident que le soussigné favorise nettement la seconde partie de l'alternative...    Cyrille Felteau, (Outremont, QC)

René Beauchamp