En 1982, les taux d’intérêt demandés aux emprunteurs ont culminé à des sommets voisins de 20 %. Rappelons aussi que la cause principale de ces taux délirants provenait des taux d’inflation qui évoluaient dans les 12 à 14 % par année au Canada, mais aussi dans la plupart des autres pays industrialisés.
Pourquoi l’inflation atteignait-elle ces niveaux ahurissants? Parce que les économies de ces pays atteignaient des taux de croissance très élevés, alimentés par l’arrivée à l’âge adulte des baby-boomers, ces très nombreux enfants nés dans les vingt ans qui ont suivi la Seconde Guerre mondiale. Économies alimentées aussi par l’arrivée massive des femmes sur le marché du travail, notamment durant la guerre, par l’urbanisation accélérée, par l’ouverture des marchés internationaux, et quoi encore.
Ces taux d’inflation ont totalement échappé au contrôle des gouvernements, dont les banques centrales (la Banque du Canada, la Réserve fédérale américaine, etc.) ont trop tardé à relever leurs taux directeurs, pour refroidir la bouilloire économique. Pour avoir trop tardé à intervenir, les gouvernements et leurs banques centrales ont dû imposer une médecine de cheval, soit des taux d’intérêt dans les 20 %, pour « casser » l’inflation.
Tout le monde a appris de ces erreurs passées, et retenu les leçons de ces négligences. Aujourd’hui, les autorités interviennent au moindre signe de surchauffe, ce qui permet de mieux contrôler le rythme de croissance de l’économie, de plus en plus mondialisée.
Aujourd’hui, les baby-boomers approchent rapidement de la retraite. Ils ont fini d’élever leurs deux ou trois enfants, ils occupent les sommets des échelles salariales, ils ont fini de payer leur maison, et ils héritent de leurs parents, qui avaient connu la grande dépression des années trente, qui ont appris à épargner, et qui ont vu leurs épargnes profiter des taux élevés des années 1970 et 1980. Aujourd’hui, dans les pays industrialisés, on trouve beaucoup plus d’épargnes disponibles, que de demandes de crédit, ce qui exerce une énorme pression à la baisse sur les taux d’intérêt.
Donc depuis trente ans, et malgré quelques reprises à la hausse, les taux d’intérêt ont suivi une longue pente descendante. Les emprunteurs ont profité de ces baisses successives, avec leurs taux variables. Mais la situation a changé en 2008, avec la grosse crise financière qui a entraîné une récession, et forcé les gouvernements à réduire leurs taux directeurs à des niveaux voisins de zéro. Aujourd’hui, on a beaucoup plus de chances de voir les taux remonter plutôt que descendre, jusqu’à ce qu’ils trouvent un point d’équilibre entre l’offre et la demande de crédit. Autrement dit, vous feriez probablement bien mieux de choisir maintenant des taux fixes, plutôt que variables, au moins pour quelques années.
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