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André Hains - Les « saisons » des résultats
1er mai 2011 - Comme les quatre saisons qui apportent chaque année d’importants changements de température, avec une belle régularité, les marchés financiers apportent chaque trimestre les résultats financiers des entreprises inscrites en Bourse, quatre à six semaines après la fin de chaque trimestre de calendrier. Les médias d’information nous rapportent donc présentement les résultats financiers que publient les entreprises pour les trois mois de l’hiver dernier.

Des milliers d’entreprises doivent donc se plier à cet exercice, pour se conformer aux lois sur les valeurs mobilières. Toutes ces entreprises n’ont pas la même importance, et les médias s’en tiennent donc habituellement aux entreprises les plus connues, celles qui dominent leur secteur, qu’on appelle dans l’autre langue officielle les « trend setters », celles qui indiquent le mieux la direction qu’emprunte l’économie.

Les marchés financiers observent attentivement ces résultats financiers, qui leur permettent de prévoir l’évolution de l’économie un ou deux trimestres d’avance. Les gros gestionnaires de portefeuilles, et surtout les spéculateurs, prennent donc des positions en conséquence, afin de profiter des hausses et des baisses des marchés boursiers, des différents secteurs de l’économie, et bien sûr des entreprises.

Les spécialistes se livrent alors à de savantes analyses des résultats de ces entreprises, alors que d’autres se contentent de tirer quelques leçons de ces résultats. Au fil des ans, les plus importantes leçons reviennent constamment démontrer leur valeur, et guider les démarches des investisseurs, petits ou gros.

Jeudi dernier, par exemple, le Groupe Jean Coutu a dévoilé ses résultats pour le trimestre terminé le 26 février dernier. Les ventes ont augmenté de 2,9 %, à 637 millions $ (MS), mais le bénéfice, lui, a grimpé de 8 %, à 46,4 M$. Des ventes en hausse de 2,9 % et des bénéfices en hausse de 8 %? Voilà une très bonne nouvelle. Quand les bénéfices augmentent plus vite que les revenus, cela signifie que l’entreprise augmente sa productivité, sa capacité à générer de meilleurs résultats.

Mais encore faut-il regarder de plus près ces résultats. Dans le cas du CN, par exemple, qui a dévoilé ses résultats mardi dernier, le bénéfice du dernier trimestre a bondi de 31 % par rapport au même trimestre de l’année précédente, à 668 M$,  alors que les ventes (revenus) n’ont augmenté que de 6 %, à près de 2,1 milliards $ (G$). Ici, l’écart paraît trop important pour être normal.

Un peu plus loin dans son communiqué, le CN explique donc qu’il a vendu un réseau de voies ferrées, au cours de ce dernier trimestre. Il a donc réalisé un bon bénéfice sur cette vente, qui a gonflé indûment son bénéfice habituel. C’est ce que les comptables appellent un poste exceptionnel : le travail du CN, c’est de transporter des marchandises, pas d’acheter ou de vendre des kilomètres de chemin de fer, ou autres équipements.

Les spécialistes comparent toujours les ventes et les bénéfices en ignorant (ou en enlevant) des résultats des opérations exceptionnelles, qui ne reviennent donc pas chaque année ou chaque trimestre. Mais souvent les manchettes des médias ne font pas cette distinction, pour afficher de plus belles manchettes, plus rapidement…

andrehains@videotron.ca