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André Hains - Tranches de vie

14 août 2011 - Depuis déjà plus de deux semaines, l’actualité économique et financière locale et internationale nous décrit en boucle et en détails la chute du géant financier américain, ainsi que la baisse de sa cote de crédit par les grandes firmes mondiales qui évaluent les facilités de prêts des grands emprunteurs corporatifs ou gouvernementaux.  Mais comment ce système fonctionne-t-il et, plus important encore, au quotidien, qu’est-ce que cela signifie pour vous et moi ?  Coup d’œil éclairé sur un mélodrame international.

La dette et son remboursement

Un gouvernement contracte une dette pour diverses raisons, notamment pour éponger un déficit occasionnel ou récurrent, ou encore pour financer des projets d’infrastructures.  Devant le financement de cette dette, le gouvernement peut soit emprunter (à une banque, entre autres), ou émettre des titres de cette dette moyennant un certain rendement, comme des obligations, à de grands détenteurs de capitaux (fonds communs de placement, régimes de retraite, compagnies d’assurances, etc.).  On peut comparer la dette d’un gouvernement à un immense pain tranché, dont le paiement d’une ou plusieurs tranches arrive à échéance à la fin du mois, du trimestre ou de l’année.  Ce gouvernement peut rembourser cette tranche soit avec de l’argent frais provenant de ses revenus, ou encore avec une autre dette contractée à un taux plus faible.  Un peu comme Monsieur et Madame Tout-le-Monde qui se ferait offrir des transferts de soldes d’une carte de crédit à une autre à un taux promotionnel exceptionnellement bas.  Par exemple, lorsqu’Hydro-Québec annonce un nouvel emprunt de 4 milliards $ sur les marchés publics, il ne s’agit pas nécessairement de nouvelle dette pour la construction de nouveaux barrages : une bonne partie pourrait aller, en effet, au financement et au remboursement de dettes antérieures.  Les taux d’intérêts étant présentement bas, à la sortie d’une récession et de la crise financière de 2008, il y a donc fort à parier que ces gouvernements renouvelleront, dans un avenir proche, des tranches de leur pain de dettes à des taux plus bas que lors de leur emprunt initial il y a 5 ou 10 ans. 

Les agences de notation de crédit

Les cotes de crédit des gouvernements ne sont pas différentes, dans leur philosophie, de vos propres dossiers de crédit, à la différence qu’elles sont lettrées plutôt que chiffrées.  Moody’s, Standard & Poors et Fitch sont les trois principales firmes mondiales spécialisées dans l’établissement des ces notes de crédit étatiques, et elles accordent la meilleure cote, dite AAA, aux meilleurs emprunteurs de la planète, ceux qui remboursent leurs dettes nationales rubis sur l’ongle.  Ces cotes sont des indicateurs de la vitalité économique d’un État, et donc de sa capacité à rembourser un éventuel prêt, et sont constamment mises à jour afin de refléter les plus récentes fluctuations de leur PIB, de leur création d’emplois, de leur taux de chômage, du nombre de leurs mises en chantier immobilières, de leur balance commerciale, de  la valeur de leurs exportations, etc.  Les grands prêteurs et détenteurs de capitaux se fient alors sur ces cotes de crédit afin d’établir leur stratégie d’investissement, soit dans l’établissement du taux du prêt, soit en achetant des obligations de ces dettes les plus solides.  Bien sûr, plus la cote de crédit est basse, et plus l’emprunteur devra accorder ou subir une prime d’intérêt, pour contrebalancer son risque plus élevé de ne pas pouvoir honorer sa dette.  Est-ce que l’économie américaine est plus ou moins solide que celle de l’Allemagne, de l’Italie ou du Brésil ?  C’est la question à laquelle les agences de notation internationales tentent de répondre, au moyen d’une cote.  Néanmoins, en essayant de prévoir l’avenir par les agences de notation du crédit, dont l’Histoire a prouvé que les analyses à long terme ne tiennent pas nécessairement la route, et en essayant de tirer profit de ces prévisions, l’économie mondiale joue une immense partie de poker et accorde une importance indue aux décideurs de Moody’s, Standard & Poors et Fitch.  Car on essaie d’attribuer un effet immédiat aux fluctuations des cotes de crédit alors que, dans les faits, l’impact d’une décote ne se fera sentir que lorsqu’une tranche importante de la dette devra être reconduite, et le pays a le temps de reconstruire son dossier de crédit d’ici cette échéance, tout dépendant du temps imparti et de l’importance de la décote.

En 1999, plus de vingt pays européens se sont dotés d’une monnaie unique, l’euro.  Les gouvernements de ces pays signataires ont du même coup donné un bon coup de pied dans la fourmilière des agences de notation de crédit mondiales, puisqu’à partir de ce moment, c’est l’analyse de la valeur de l’euro qui permettait de déterminer l’endettement et la vitalité économique des pays de la zone euro, et non plus la vigueur de leurs monnaies nationales.  Ces agences de notation, jusqu’alors, faisaient jouer la valeur des différentes monnaies entre elles, au profit des gouvernements étrangers, des grands prêteurs et des détenteurs de capitaux.  On peut donc se poser la question si la Grèce, par exemple,  contrôle totalement sa destinée dans ses plans de restructuration économique et le rétablissement de sa cote de crédit, si elle n’est pas la seule à exercer un pouvoir sur la valeur de la monnaie qu’elle utilise.  À l’inverse, l’Allemagne, que d’aucuns considèrent comme la locomotive de l’économie européenne, subit indirectement les contrecoups de la dévaluation de l’euro par la situation grecque, alors que le gouvernement allemand jouit pourtant d’un système économique sain.

Le cas américain

Jusqu’au début de la crise budgétaire américaine, qui soit dit en passant tient plus d’une crise politique entre républicains et démocrates que d’une véritable crise économique, il n’était pas question, pour ces agences, de décoter le gouvernement américain de son rang de AAA.  Mais le dénouement de cette impasse budgétaire, et les mesures que le gouvernement américain s’est engagé à adopter, n’ont pas rassuré les décideurs de Standard & Poors.  Globalement, l’État américain hausse immédiatement la limite de sa carte de crédit (son niveau d’endettement) de 2 100 milliards $, et promet de couper 2 500 milliards $, de façon récurrente et annuelle, d’ici 10 ans.  Ce plan est trop tiède pour Standard & Poors, qui envoie un message clair aux États-Unis : le pays est beaucoup trop endetté par rapport à la vigueur de son économie. 

Tous les États subissent l’évaluation des agences de notation de crédit, du plus gros au plus petit, les pays industrialisés comme les pays émergents, les plus riches comme les plus pauvres.  Pourtant, ces agences internationales semblent oublier que même les états les plus influents, les plus riches et les plus enviables peuvent parfois trébucher, mais n’en demeurent pas moins riches, influents et enviables, compte tenu de la situation mondiale prévalant.  La décote du crédit des États-Unis, nonobstant l’électrochoc qu’elle envoie à ses décideurs, reviendrait à déclarer que le meilleur gardien de but de la Ligue nationale de hockey ne pouvait jamais être déjoué.  Même le grand Muhammad Ali est allé au plusieurs fois tapis au cours de sa brillante carrière.  Il a même perdu son titre de champion du monde des poids lourds en 1971, et le reconquit en 1974.  Confucius aurait dit « La plus grande gloire n’est pas de ne jamais tomber, mais de se relever à chaque chute ».  Les États-Unis de 2011 ne sont, à ce chapitre, ni meilleurs ni pires que la Grande-Bretagne de la fin des années 90 et le Japon du début des années 2000, qui ont tous deux perdu leur fameuse cote AAA, pour mieux la regagner ensuite.  Et ils sont encore présents aujourd’hui pour en parler, et font toujours partie du G8, les huit pays les plus industrialisés de la planète.

Encore aujourd’hui, la valeur d’un baril de pétrole pompé en Arabie saoudite est exprimée en dollars américains.  La Chine, principal créancier des États-Unis, voit son investissement dans la dette américaine fondre comme neige au soleil si, d’aventures, le dollar américain est dévalué suite à sa décote de crédit.  Tous ces acteurs majeurs de l’économie mondiale ont plutôt intérêt à ce que les États-Unis conservent leur rang de première économie mondiale (et la mieux cotée), pour la protection de leurs investissements.

Et le Canada dans tout ça ?

Notre gouvernement a, lui aussi, déjà eu son lot de tranches de dettes à avaler.  Au début des années 90, le pays accumulait de ronflants déficits de 40 milliards $, et faisait figure d’enfant pauvre du G7 de l’époque, qui voulait envoyer le Fonds Monétaire International, le banquier des pays pauvres, au chevet du ministre des finances canadien.  Puis, Paul Martin et Jean Chrétien se sont attaqués au problème de la dette et du déficit dès l’arrivée au pouvoir des Libéraux à Ottawa, en 1993.  Paul Martin s’est donc attelé, au moyen de saignées drastiques dans les services public et les transferts aux provinces, à rembourser la dette canadienne externe, c’est-à-dire celle due aux pays étrangers, plutôt que la dette domestique, soit celle de la caisse d’assurance-emploi, les déficits actuariels des caisses de retraite de l’État, les emprunts auprès de banques canadiennes, notamment.  Paul Martin déclarait, et avec raison, préférer devoir 100 milliards $ à la population canadienne, plutôt qu’à des gouvernements ou des institutions étrangers, puisque ceux-ci pouvaient alors orienter indûment les budgets canadiens futurs.  Quoiqu’on en pense et que soit notre allégeance politique, les Libéraux de Jean Chrétien ont donné un sérieux coup de barre aux finances publiques canadiennes et ont créé un climat propice aux investissements et à la création d’emploi.  Ils ont établi des règles saines d’endettement en immobilier, où l’accès à la propriété d’un individu est d’abord fonction de sa capacité de payer son hypothèque, et non de la valeur spéculative de sa maison, comme aux États-Unis.  Le refus de Jean Chrétien et de Paul Martin de permettre les mégas fusions des banques canadiennes aura également permis d’assurer une stabilité bien plus grande au système bancaire canadien, plus diversifié et reposant sur un plus grand nombre de joueurs qu’aux États-Unis, en Europe ou en Asie, tout comme une table à cinq pattes est plus solide qu’une table reposant sur seulement deux pattes.

Aujourd’hui, le Canada est bien mieux outillé, au niveau domestique, pour traverser la période d’instabilité économique qui sévit présentement à l’échelle planétaire, notamment en Europe et aux États-Unis, où des dettes incontrôlées menacent la santé financière des créanciers de ces gouvernements.  Mais rappelons aussi que l’Europe et les États-Unis achètent ensemble plus de 80 % du volume de nos exportations.  Le sort du Canada dans l’arène économique mondiale est donc facteur de sa propre santé financière, mais aussi de celle de ses partenaires.

On n’est jamais trop prudent, comme le veut la maxime.  Gardez donc un œil attentif à l’évolution de la dette en Europe et aux États-Unis.  Mais dormez sur vos deux oreilles, le AAA perdu des américains ne fera pas s’effondrer vos placements demain matin, et ne fera pas plus bondir le prix…du pain tranché, justement.

andrehains@videotron.ca