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André Hains - Les gouvernements que l’on mérite
20 novembre 2011 - La politique et l’économie ressemblent aux deux rives d’un même cours d’eau.  Parfois, elles se rapprochent comme le fleuve St-Laurent en face de Québec, et alors le courant s’accélère, car le débit d’eau ne réduit pas pour autant.  Parfois, les deux rives s’éloignent l’une de l’autre et alors le courant semble diminuer comme à la hauteur du lac St-Pierre, entre Sorel-Tracy et Trois-Rivières.  Mais les deux rives demeurent inséparables, c’est une loi géologique.  Et les liens entre la sphère politique et l’univers économique ne se réduisent pas qu’à des cotisations aux caisses des partis électoraux.

Au cours des derniers jours, nous avons assisté à la démission de deux gouvernements face à la pression populaire : George Papandreou en Grèce, et Sylvio Berlusconi en Italie.  Ces gouvernements ont quitté leurs fonctions en se déclarant incapables de résoudre leurs très graves problèmes budgétaires.  Pourtant, comme nous l’avions expliqué dans des bulletins antérieurs, le Canada avait réussi à redresser sa situation économique au début des années 90, avec l’arrivée au pouvoir du gouvernement libéral Chrétien-Martin.  Le Japon aussi, à travers mille et une turpitudes, réussit à assainir son bilan économique au tournant des années 2000.  Alors pourquoi pas la Grèce et l’Italie de 2011 ?  Pour redresser ses finances publiques, un gouvernement n’a pas le choix : il augmente ses revenus fiscaux (impôts sur les revenus et taxes à la consommation) et/ou il diminue ses dépenses (programmes sociaux et avantages fiscaux).  Manque encore un troisième ingrédient, soit la volonté du gouvernement de solutionner le problème, quitte à y perdre le pouvoir, ce que n’ont pas voulu faire les gouvernements grec et italien, qui ont préféré passer le problème à un autre gouvernement, aussi responsable qu’eux de la situation financière honteuse dans laquelle se trouvent ces pays. 

Il peut être tentant, pour un gouvernement, d’accorder des avantages fiscaux pour stimuler l’activité économique.  Il y a une vingtaine d’années, par exemple, l’Irlande voulut mousser la création artistique en accordant à ses artistes des avantages fiscaux uniques en Europe.  Des dizaines, voire des centaines de milliers d’artistes ont alors convergé vers ce pays, ce qui a fait bondir le secteur immobilier, avec une ronflante surenchère pour qui ne bénéficiait pas de ces généreux subsides.  On a vu à l’époque notre chansonnier et parolier Luc Plamondon s’établir dans la verte Irlande pour profiter de ces avantages fiscaux uniques.  Quand le gouvernement annonça, il y a quelques années, qu’il allait supprimer ces avantages fiscaux, les artistes sont repartis.  La création artistique ne connaît pas de frontière avec l’internet.  Mais il était un peu tard pour stabiliser le secteur immobilier irlandais, qui s’est ensuite effondré en catalyse avec la crise financière de 2008.

Aujourd’hui, l’Irlande se retrouve au banc des accusés avec la Grèce, l’Italie, l’Espagne et bientôt peut-être le Portugal.  Ils forment, avec raison, les pays de l’acronyme peu élogieux de PIIGS, selon nos amis anglo-saxons (Portugal, Italy, Ireland, Greece, Spain).  Un gouvernement ne peut pas abuser ainsi de certains avantages fiscaux sans en payer un jour le prix.  Les règles économiques et financières restent immuables, malgré les gouvernements qui se succèdent.  En fait, on aura beau tenter des manœuvres de diversion ou des stratégies référendaires pour remettre le poids des décisions entre les mains du peuple, il faudra bien un jour que quelqu’un prenne la décision très difficile, pour ne pas dire impossible pour des politiciens, d’augmenter les charges fiscales et de réduire les avantages fiscaux.  Le plus tôt sera le mieux, retarder l’adoption des solutions, si difficiles soient-elles, ne fera qu’aggraver le problème.  Comme disait l’ancien chef libéral Claude Ryan, « il n’y a qu’une façon de freiner la progression des dépenses publiques : il faut cesser de demander toujours plus de services aux gouvernements ».

Au Québec, le gouvernement Charest jongle avec toutes sortes de mesures impopulaires, dont un mélange dosé s’avérera pourtant nécessaire un jour ou l’autre pour équilibrer le budget de la province : péages, hausse des tarifs, des frais de scolarité, des charges fiscales des entreprises, des redevances sur l’exploitation des ressources naturelles, taxes sur l’utilisation commerciale de l’eau, hausse des taxes sur l’essence, etc.  Ce billet ne verse pas dans la politique, mais lorsque celle-ci se mêle d’économie, il n’est pas facile d’éviter de dire que le Québec est une province aux consensus mous, qui mériterait une classe politique plus affirmée et moins portée à consulter les sondages, quoiqu’en disent les politiciens questionnés à ce sujet.  Rappelons ici que le Québec vit déjà au crochet des provinces les plus riches, en encaissant des recettes de la péréquation, c’est-à-dire en récoltant plus de transferts provinciaux et de services qu’il n’envoie d’impôts à Ottawa.  Il serait temps un jour que l’éternel adolescent de la confédération canadienne, qui hésite toujours à demeurer chez ses parents ou à voler de ses propres ailes, contribue au moins à la prospérité de la maisonnée en se trouvant un emploi et en payant ses dettes.  Cette dette provinciale qui s’élève aujourd’hui à plus de 200 milliards de dollars, et qui coûte chaque année quelques milliards en remboursement d’intérêts seulement.

Les gouvernements ne peuvent pas jouer éternellement au Père Noël.  Ils vivent dans un contexte de plus en plus concurrentiel, ils doivent tenir compte que leurs contribuables individuels ou corporatifs sont de plus en plus mobiles et peuvent se déplacer vers des paradis fiscaux de plus en plus nombreux.  Ces gouvernements doivent faire des choix entre des programmes sociaux très (voire trop) généreux, payés le plus souvent par la fiscalité des entreprises, des mieux nantis et de la classe moyenne aisée, ou de risquer de voir partir ces contribuables de choix, dégoûtés justement par un fardeau d’impôts trop imposant.  Les régimes de retraite publics à prestations déterminées,  les frais de décontamination des sols des anciennes mines, réglés par Québec mais qui devraient incomber aux entreprises minières, l’électricité vendue à rabais aux alumineries de la province, les crédits d’impôts généreux sur la main-d’œuvre d’entreprises étrangères comme les studios de cinéma américains MGM, qui génère pourtant de juteux profits.  Autant de subsides généreux et incompréhensibles, savamment saupoudrés sur l’autel de la reprise économique en ces temps d’austérité, heureusement ou malheureusement, inconnus du grand public pour la plupart, qui en paie pourtant les frais.

Si des conseillers financiers vous font miroiter des avantages fiscaux à investir dans des pays étrangers, rappelez-leur les conséquences sociales de tels gestes : un jour, il faudra payer la note du banquet qui s’avérera salée, avec de moins en moins de convives autour de la table.  Et c’est probablement vous qui allez payer et non pas ces conseillers financiers peu scrupuleux, qui auront assurément placé leurs avoirs à l’abri du fisc québécois.  Refilant leurs soins de santé et leurs nombreux autres services, dans quelques années, à vos propres enfants et petits-enfants.  Rappeler notre situation économique actuelle à nos politiciens et à nos conseillers financiers ne relève pas du socialisme, du capitalisme ou du libertarisme, mais simplement du gros bon sens.  Car comme le disait le baron Louis, ministre des Finances français sous Louis XVIII et Louis-Philippe 1er, au 19e siècle « Faites-moi de bonne politique et je vous ferai de bonnes finances ».

andrehains@videotron.ca